
À Lannion (Côtes-d’Armor), plusieurs élèves du lycée Félix-Le Dantec regrettent que les heurts aient éclipsé les raisons de leur colère. Ils nous livrent leurs revendications, les difficultés qu’ils rencontrent et leurs attentes de ce mouvement.
Par Virginie GUENNEC
À Lannion (Côtes-d’Armor) comme dans de nombreux endroits en France, les heurts avec les forces de l’ordre ont éclipsé les revendications des lycéens et des étudiants. Pourtant, de nombreux jeunes souhaitaient exprimer les raisons de leurs colères. Au lycée Félix-Le Dantec, plusieurs élèves ont accepté de nous parler de ce qui les pousse à se mobiliser. Manque de moyens, emplois du temps surchargés, classes bondées… Ils nous expliquent leurs difficultés et leurs attentes.
Marie, 18 ans
Nos emplois du temps sont inacceptables. Le pourcentage de dépression chez les jeunes n’arrête pas d’augmenter et, nous, on revendique nos droits et on revendique un emploi du temps qui serait beaucoup plus sain pour notre santé mentale.
Elies, 17 ans
Ce que l’on dénonce comme partout en France, ce sont des classes surchargées, c’est du 8 h-18 h avec des élèves qui ont 30 minutes pour manger. C’est aussi tout le système de Parcoursup, de classement des élèves. Ici, on a de la chance parce que le lycée est bien entretenu. Mais on est solidaires de tous les autres lycées qui sont dans des états pitoyables. Ce qu’on voudrait, c’est vraiment que ça change, qu’on puisse nous écouter. Je ne suis pas du tout solidaire avec les gens qui sont venus ici pour casser.
Adèle, 16 ans
On se mobilise contre le 8 h-18 h. L’état des établissements aussi. Dans notre lycée, on ne peut pas ouvrir certaines fenêtres en grand parce qu’elles sont trop vieilles et qu’elles peuvent tomber. C’est un peu dangereux. Alors, l’été, il fait super chaud et l’hiver, il fait super froid.
Amélia, 16 ans
Les classes sont surchargées et il y a un manque de professeurs. Ça pèse sur le moral de tout le monde. Une année, je me suis retrouvée sans prof de maths pendant trois-quatre mois, et j’ai changé trois fois de prof de maths dans l’année. Au final, ça n’a pas été du tout bénéfique. Et maintenant, j’ai un certain retard par rapport à ça.
Simon, 17 ans
Nos revendications portent sur l’emploi du temps. On a de grosses journées. Moi, par exemple, je me réveille à 5 h 45, je prends le bus à 6 h 30. Le soir, je prends le bus à 18 h et je rentre à 19 h. Après, il y a encore les devoirs à faire. C’est long. […] Concernant les affrontements, on voulait se faire entendre mais c’est vrai que certains abusaient.
Ewen, 15 ans
Il y a plein de pays où les élèves ont de moins grosses journées. On préférerait avoir moins de vacances et des journées plus courtes. Là, on n’a plus le temps le soir pour voir nos parents ou faire d’autres choses. Et puis, il y a Parcoursup, c’est un logiciel qui décide de notre avenir. Ce n’est pas normal.
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