Plan lycées 2040 : à Brest, les syndicats appellent à la mobilisation (OF.fr-25/09/26)

La cité scolaire de Kérichen à Brest (Finistère) compte 4 500 élèves. Elle pourrait accueillir d’autres formations dans les années qui viennent. | OUEST-FRANCE

La Bretagne anticipe une baisse d’environ 15 % de ses effectifs lycéens d’ici 2040. À Brest, cela entraînerait la fermeture potentielle d’un lycée public. Des menaces pèsent sur trois établissements : l’Iroise, l’Harteloire et le lycée professionnel de Lanroze. Les syndicats appellent à la concertation, et se mobilisent pour la manif du 29 septembre.

Par Lucie VANWEYDEVELDT

Le plan lycée 2040 a été évoqué à Brest (Finistère) lors d’une réunion à destination des personnels, en juillet. Des hypothèses de fermetures ont été émises. Les syndicats souhaitent être associés à la concertation. Selon la Région, des groupes de travail vont être mis en place. Mais la CGT, la FSU et Sud éducation appellent d’ores et déjà à la mobilisation, le 29 septembre 2026, lors de la manifestation pour la fonction publique.

Quelle est l’hypothèse brestoise concernant le plan lycée 2040 ?

La fermeture d’un des lycées publics, l’Iroise, l’Harteloire ou Lanroze, est envisagée dans le cadre du plan lycée 2040. Un transfert potentiel de certaines formations vers le campus de Kérichen, qui compte 4 500 élèves, est également évoqué. Ce sont des hypothèses émises par la Région et le rectorat. Le 7 juillet 2026, les personnels des lycées publics de la métropole ont été conviés au lycée Vauban, dans le cadre de la présentation du plan. Une décision sur ces orientations est attendue pour début 2027.

Quelle est la position des syndicats ?

La CGT, FSU et Sud éducation se sont constitués en intersyndicale. Réunis, ce vendredi 25 septembre 2026, ils regrettent d’avoir découvert les différentes hypothèses, sans avoir été consultés. La découverte pour les personnels dans ces conditions, a été d’une grande violence, affirment-ils dans un courrier envoyé à la rectrice. Ils rejettent d’emblée les projets de fermetures. La baisse démographique va-t-elle continuer, demande Marie Dagnaud de la CGT Educ’action. Des chiffres de l’Insee sont contrastés. Brest fait partie des zones stables. L’intersyndicale s’interroge : où est la raison de fermer un lycée alors qu’il y a une moyenne de 30 élèves par classe ? Si les effectifs sont en baisse, cela permettrait d’améliorer les conditions de travail.

Les représentants de l’intersyndicale brestoise : Marie Dagnaud pour la CGT Educ’action 29, Damien Davy, Sud éducation, Florent Martinie, FSU et Antoine Uguen, Snes-FSU. | OUEST-FRANCE

Pourquoi le campus de Kérichen inquiète ?

Les représentants des personnels critiquent la logique comptable et le projet de campus à Kérichen. Lors d’une mutualisation, de nombreux postes administratifs sont supprimés. Ils demandent à la rectrice de rééquilibrer la carte des formations en favorisant le public, et non l’enseignement privé.

Enfin, ils craignent que la fermeture d’un lycée public n’accélère la fuite des élèves vers le privé. Ils pointent également l’absurdité d’un projet de fermeture de lycée professionnel de Lanroze, où 4 millions d’euros ont été investis pour le BTS moteur toutes énergies. On dit que le bâtiment est vétuste alors que les locaux dédiés aux cours ont été récemment rénovés, ajoute Marie Dagnaud. C’est du matériel qu’on peut difficilement déplacer.

Que pense la municipalité de ce plan ?

La piste de fermeture d’un lycée a provoqué une vive opposition des élus locaux, dont la municipalité de Brest. Les élus soulignent que le bassin brestois devrait connaître une reprise démographique à l’horizon 2038. Brest est l’aire la moins touchée par la baisse des effectifs dans toute la Bretagne hors bassin rennais (-10,9 %, quand dix territoires dépassent -20 %), et c’est la seule, où l’Insee anticipe une reprise des effectifs à partir de 2038, ont-ils affirmé en juillet.

Quelle est la position de la conseillère régionale ?

Émilie Kuchel, conseillère régionale de Bretagne, demande à toutes les parties de se mettre autour de la table. La baisse des effectifs à l’Iroise et l’Harteloire (moins 300 élèves en dix ans) est incontestable, déclare-t-elle. Certains bâtiments sont des passoires thermiques. Est-ce qu’on doit mettre des millions pour rénover ? Nous n’avons pas l’intention de fermer des formations, mais les élèves doivent étudier dans de bonnes conditions. C’est pour cela qu’un transfert vers Kérichen est envisagé. L’élue indique que la concertation qui doit durer deux ans, va démarrer prochainement. La méthode a été présentée aux conseils d’administration, le 7 juillet. Les syndicats n’étaient pas invités. Des ateliers vont se mettre en place. Les dates de ces groupes de travail ne sont pas encore connues.

Source: https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/plan-lycees-2040-a-brest-les-syndicats-appellent-a-la-mobilisation-0e188d7c-b8e2-11f1-8a73-5c5c9f666d13

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