PLFSS 2027 : le gouvernement opte pour une hausse des franchises médicales de 100 à 140 euros par an (H.fr-24/08/26)

La ministre de la Santé Stéphanie Rist avait agité l’hypothèse d’un doublement des franchises médicales avant de finalement acter une hausse de 40%. © Eric TSCHAEN/REA

Après avoir agité la possibilité de doubler le reste à charge payé par le patient en parallèle des remboursements de la sécurité sociale, le gouvernement prévoit finalement de le faire passer de 100 à 140 euros.

Par la rédaction de l’Huma

Le ballon d’essai est-il désormais la technique du gouvernement pour faire passer l’amère pilule des économies ? En matière de franchise médicale en tout cas, après avoir mis sur la table l’hypothèse d’un doublement, il a fini par opter pour une hausse de 40 %, a indiqué l’AFP le 24 août.

Selon le décret consulté par l’agence, le plafond de cette franchise déduite des remboursements effectués par l’assurance maladie, sorte de mise à contribution du patient, va donc passer de 100 à 140 euros par an. Ils seront répartis pour moitié sur les consultations et pour l’autre sur les boîtes de médicament, actes paramédicaux et transports sanitaires.

Des économies sur le dos des malades

Le gouvernement justifie cette augmentation – qui va impacter les malades, à commencer par ceux affectés par des affections longue durée (ALD) – par la prise en compte de l’inflation depuis 2005, date à laquelle le précédent plafond 100 euros avait été fixé. Le décret prévoit d’ailleurs que le montant de la franchise soit désormais réévalué tous les ans ou tous les deux ans, en fonction de l’inflation. Il s’inscrit aussi dans un climat global de recherches d’économies budgétaires qui visent en particulier la sécurité sociale, dont le déficit prévu pour 2026 s’élève à 13,8 milliards d’euros.

Cette marche arrière semblait inévitable. « Le doublement annoncé n’a pas été compris et a pu apparaître brutal », avait concédé dès la semaine dernière dans Le Figaro Stéphanie Rist, la ministre de la Santé. Coincé entre désir d’économies et craintes de voir les parlementaires refuser de voter le budget, le gouvernement est contraint à une forme de modération, au moins en apparence. D’autant que l’exécutif a déjà dû faire marche arrière après de premières tentatives de doublement des franchises.

Ultime coup de grâce, le projet a été rejeté le 24 août par le Conseil de l’assurance maladie. Cette espèce de Parlement interne à valeur consultative où siègent partenaires sociaux et organismes complémentaires s’est prononcé à la quasi-unanimité, Medef et Les entrepreneurs exclus, contre le projet de doublement. « Tout le monde est choqué sur la méthode, cette annonce en plein milieu de l’été, sans discussion et sans visibilité globale sur le système de santé », a commenté auprès de l’AFP Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’Unsa.

Reste que s’il a reculé, le gouvernement continue de grignoter peu à peu le principe même d’un accès pour tous gratuit à la santé. Les malades en ALD, mais aussi les précaires, chômeurs et retraités dont la mutuelle n’est pas prise en charge par leur employeur seront les plus touchés. « On va de plus en plus vers une Sécu tournée vers le gros risque, laissant le petit risque aux mutuelles, a déploré Dominique Corona. Sauf que les mutuelles vont augmenter leurs tarifs ».

Source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/budget/plfss-2027-le-gouvernement-opte-pour-une-hausse-des-franchises-medicales-de-100-a-140-euros-par-an

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