Royaume-Uni : premier ministre dès lundi, Andy Burnham tiendra-t-il ses promesses de rupture ? (H.fr-17/07/26)

Surnommé « le Roi du Nord », Andy Burnham entend incarner une nouvelle voie pour les travaillistes. © Stephen Chung/ZUMA-REA

Le Parti travailliste a désigné l’ancien maire de Manchester comme son chef, ce qui en fera automatiquement le nouveau premier ministre dès lundi 20 juillet. Populaire, charismatique, il promet de revenir sur les ravages de la politique néolibérale mise en place depuis les années 80.

Par Benjamin KÖNIG

Il est l’une des personnalités politiques les plus populaires en Grande-Bretagne : l’ancien maire de Manchester, Andy Burnham, a été désigné ce 17 juillet par les 403 parlementaires du Parti travailliste pour devenir le prochain premier ministre du Royaume-Uni. Il remplacera dès lundi 20 juillet Keir Starmer, poussé à la démission par la majorité travailliste au Parlement en raison de son impopularité et de plusieurs erreurs politiques.

À 56 ans, diplômé en littérature anglaise, il est un fan des groupes de rock ayant émergé à Manchester dès les années 80 : les Smiths, Oasis ou New Order. Il incarne surtout une autre tendance au sein du Parti travailliste, moins libérale que celle de ses prédécesseurs, de Tony Blair à Keir Starmer.

Tourner la page du néolibéralisme britannique

Pour son discours d’intronisation, prononcé dans les locaux de la confédération syndicale Trades Union Congress, à Londres, il a promis « une nouvelle voie, différente de celle que nous suivons depuis 40 ans », avec « une économie et un pays qui fonctionnent pour tous ses habitants et tous ses territoires », en s’appuyant sur un parti et un programme « authentiquement travailliste ».

Surnommé « Le Roi du Nord », en référence à la série Game of Thrones et son passé de maire mancunien, son programme repose sur deux objectifs prioritaires : la réindustrialisation et la décentralisation. Il a ainsi dénoncé ce vendredi 17 juillet les erreurs du néolibéralisme à l’anglaise commises depuis la période Margaret Tatcher : « Une série de mauvaises décisions dans les années 1980, lorsque le pouvoir politique a été centralisé et le pouvoir économique privatisé. »

Reste à voir si ces paroles seront suivies d’actes. Même s’il est situé plus à gauche que Keir Starmer, son parcours témoigne avant tout d’une ascension au sein de l’establishment travailliste : il a été membre des cabinets de Tony Blair et de Gordon Brown, avant de devenir ministre de la Culture puis de la santé entre de 2008 et 2010.

Il aura peu de marges de manœuvre, notamment financières, et n’a pas le droit à l’erreur : les prochaines élections sont prévues en 2029 et l’extrême droite de Nigel Farage, avec son parti Reform UK, est en tête dans les sondages.

Source: https://www.humanite.fr/monde/andy-burnham/royaume-uni-premier-ministre-des-lundi-andy-burnham-tiendra-t-il-ses-promesses-de-rupture

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