Sécheresse dans le Trégor : après « une année inédite », trois carrières en vue pour retenir l’eau (LT.fr-25/09/26)

Le niveau du Léguer reste inquiétant depuis le début de l’été. (Le Télégramme/Mael Moizant)

La situation des ressources en eau reste très préoccupante dans le Trégor, avec une année 2026 inédite au XXIe siècle. Quelles solutions existent pour l’avenir ? Éléments de réponses avec Cédric Seureau, vice-président de Lannion Trégor communauté, en charge de l’assainissement et de l’eau potable, de la gestion des eaux pluviales urbaines.

Par Maël MOIZANT

Le Trégor est en crise sécheresse, plus haut niveau d’alerte, depuis le 10 août. Et la situation ne s’inverse pas…

Cédric Seureau. « On est toujours dedans. On est retombés à des niveaux d’eau très bas. Le Léguer est en rouge. Le Yar, le Jaudy, on est de nouveau en rouge aussi. On est revenu au niveau du 10 août ! Alors, ce qui me rassure quand même, on a une consommation globale qui a largement baissé par rapport au 10 août. Mais, en attendant, nos cours d’eau ne sont pas rechargés.

En juillet, vous évoquiez déjà une année de sécheresse extraordinaire, comme en 2022 ou 2025. Mais n’est-elle pas devenue inédite ?

Au XXIe siècle, oui, c’est inédit. On pourrait comparer à 2003 mais on a même battu 2003. AU XXe siècle, on avait eu deux années de sécheresse en 1989-1990, un peu comme 2025-2026. Et c’est vrai que ce mois de septembre ressemble beaucoup à septembre 90. Mais en août, on avait explosé 90 ! Donc l’année est inédite jusqu’à 1976, qui était pire encore. Mais là, la sécheresse se répète sur plusieurs années.

En juillet, Sylvain Lavaur (directeur aménagement, environnement et économie agricole à LTC), Bénédicte Boiron (vice-présidente en charge de l’environnement et le grand cycle de l’eau), Cédric Seureau (vice-président en charge de l’assainissement et de l’eau potable, de la gestion des eaux pluviales urbaines) s’inquiétaient déjà des niveaux d’eau et des faibles précipitations.
En juillet, Sylvain Lavaur (directeur aménagement, environnement et économie agricole à LTC), Bénédicte Boiron (vice-présidente en charge de l’environnement et le grand cycle de l’eau), Cédric Seureau (vice-président en charge de l’assainissement et de l’eau potable, de la gestion des eaux pluviales urbaines) s’inquiétaient déjà des niveaux d’eau et des faibles précipitations. (Le Télégramme/Mael Moizant)

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Avez-vous envisagé, depuis début août, des coupures d’eau ou des baisses de pression afin d’économiser les réserves ?

Autour du 15 août, la chute des débits, la pente, était vraiment très raide. Si on n’avait pas eu les pluies de fin août, on aurait dû arriver à des rationnements. J’avais demandé aux communes de se préparer pour les Ehpad, pour leurs écoles, parce qu’il n’y a pas que l’eau à la cantine, il y a aussi les toilettes. On se préparait au pire, mais on n’a pas basculé grâce aux précipitations de fin août. Je pense aussi que tout le monde s’est quand même restreint à ce moment-là.

On a ciblé trois carrières qui ne sont plus exploitées pour canaliser et conserver l’eau de pluie

Quel est l’état de la consommation d’eau ?

On a cinq usines de production d’eau, à Lannion, Pradic-Glas et Kergomar près de l’hôpital. Pont-Scoul à Plouguiel, l’usine du Yar à Plestin et une usine en DSP (délégation de se service public) à Saint-Quay Perros. En août, Pradic-Glas prélevait 3 500 m³ par jour dans le Léguer, au 23 septembre on est à 2 050 m³, donc 1 500 en moins, quasiment. Sur l’usine du Yar à Plestin, on prélevait jusqu’à 2 400 m³ jour. On est aujourd’hui à 1 000 de moins. Mais en août, il y avait plus de monde aussi. La consommation a baissé. La chaleur aussi, donc moins d’évaporation. Ça nous donne un peu d’air. Quand la crise sera passée, parce qu’elle n’est pas passée, on fera un vrai retour d’expérience globale sur l’agglo pour s’améliorer pour les années qui viennent, se préparer.

S’organiser pour le pire ?

C’est ça…

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Vous projetez aussi de créer des réserves d’eau. Quelles différences avec les mégabassines qui divisent dans certaines régions ?

Par réserve, on ne pense qu’à des carrières. C’est-à-dire une réserve qui ne subit pas l’évaporation. C’est un des problèmes des mégabassines comme des barrages. Et les mégabassines pompent dans les nappes phréatiques, alors que l’idée de ces carrières, c’est plutôt de canaliser de l’eau de pluie qui tombe et qu’on conserve. On en a quatre en vue. Pour le moment, on va commencer – avec le syndicat départemental – des études sur trois carrières qui ne sont plus exploitées. À Ploumilliau, Plestin et Perros. Est-ce qu’il n’y a pas trop de cyanobactéries ? Est-ce bien étanche ? Et puis on les a ciblées car elles ne sont pas trop loin des usines de potabilisation.

Source: https://www.letelegramme.fr/cotes-d-armor/lannion-22300/secheresse-dans-le-tregor-apres-une-annee-inedite-trois-carrieres-en-vue-pour-retenir-leau-7124826.php

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