Sécheresse en Bretagne : « On peut faire un forage n’importe où, on trouvera toujours de l’eau » (OF.fr-19/08/26)

Mickaël Le Beller, gérant de la société de forage Povofor, a effectué un forage au Gaec Le Pouce en l’herbe, à Laz, qui est alimenté à 100 % par l’eau ainsi pompée. | OUEST-FRANCE

Pour lutter contre la pénurie d’eau, de plus en plus d’agriculteurs et de particuliers font creuser des forages de plus en plus profonds. Si l’investissement est assez conséquent, les avantages le valent largement, garantit Mickaël Le Beller, gérant d’une société de forage à Châteauneuf-du-Faou (Finistère).

Par Pascale LE GUILLOU

Avec cette chaleur, les vaches boivent énormément. Grâce au forage, elles n’ont pas du tout manqué d’eau, assurent Suzanne et Rodolphe, agriculteurs bio à Laz, dans le Finistère. Cette eau à volonté, ils l’ont grâce à leur forage. Nous sommes autonomes avec une eau de qualité et un débit identique toute l’année, dans toute la ferme, même dans les bacs à eau installés dans les champs les plus en hauteur.

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Pour le groupement agricole (Gaec) Le Pouce en l’herbe, l’assurance d’avoir de l’eau en permanence est un vrai plus par rapport au réseau public, très sollicité, qui peut montrer des signes de faiblesse. Une eau qui est aussi utilisée par la famille, y compris dans son alimentation.

« Des clients en panique »

Depuis le début de l’épisode de sécheresse, cet été 2026, l’entreprise Povofor, basée à Châteauneuf-du-Faou, croule sous les appels pour des demandes de forages en eau. Les agriculteurs représentent environ 70 % de l’activité, mais il y a aussi de plus en plus de particuliers et quelques acteurs du secteur tertiaire parmi ses clients.

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L’eau pompée arrive dans cette cuve, avant de passer par deux autres citernes pour être traitée et être ensuite stockée dans un réservoir de 5 m3. | OUEST-FRANCE

Je reçois des appels de gens en panique, dont le puits ou le forage s’est tari, explique le gérant, Mickaël Le Beller. Ces anciens forages ne sont plus alimentés en eau car ils ne sont plus assez profonds. Il y a vingt ans, on creusait entre 20 et 30 m dans les jardins, aujourd’hui, on est plutôt à 40 m de profondeur.

Dans le milieu agricole, les forages descendent à plus de 80 m pour assurer un approvisionnement suffisant. Les besoins en eau ont augmenté dans les exploitations qui sont de plus en plus grandes. A minima, aujourd’hui, c’est 20 m³ d’eau par jour, mais ça peut aller jusqu’à 100 m3. Ça, c’est en Bretagne. Dans d’autres régions, c’est encore beaucoup plus.

« On trouve toujours de l’eau »

Avant de forer, l’entreprise fait systématiquement appel à un sourcier qui travaille au pendule pour repérer les veines d’eau souterraines. Et il n’y a pas de mauvaise surprise : On peut forer n’importe où en Bretagne, on trouvera de l’eau, affirme le gérant de Povofor. Ce qui varie en revanche, c’est le débit, la teneur de l’eau en fer, son PH… Les unités de traitement en sortie de forage permettent de corriger ces paramètres.

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Avant de forer, il faut effectuer des démarches. Pour un forage dans un jardin, une simple déclaration auprès de la mairie ou de la direction départementale des territoires suffit. En agriculture, pour des forages au-delà de 1 000 m³ par an, il faut effectuer une demande d’autorisation environnementale.

Question coût, il faut compter en moyenne 3 500 € HT pour un forage à 40 m. Le prix augmente avec la profondeur. À cela s’ajoute le pompage et le traitement, puis les analyses et l’entretien. Un investissement qui sera site rentabilisé, assure Mickaël Le Beller. Pour un site conventionnel, il faut compter entre trois et quatre ans ».

Source: https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/penurie-d-eau/secheresse-en-bretagne-on-peut-faire-un-forage-nimporte-ou-on-trouvera-toujours-de-leau-560c82da-9b02-11f1-a150-d338aff2f727

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