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Le « Nouveau Réseau de Proximité 2 » prévu d’ici 2030 par la Direction générale des finances publiques (DGFIP) alarme les syndicats, notamment en Seine-Saint-Denis. Le projet intervient alors que les résultats du contrôle fiscal sont en nette dégradation depuis plus de dix ans.
Par Chloé BODIN-SZCZYGLAK
Le plan de casse du service public du gouvernement se poursuit et la Seine-Saint-Denis en redoute grandement les conséquences. En juin 2026, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) annonçait la remise en route d’un projet commencé en 2019 : le « Nouveau Réseau de Proximité 2 », qui concerne ses services locaux déployés sur tout le territoire français. Désormais intitulé NRP 2, le voilà déjà décrié par les syndicats, et pour cause : il prévoit la restructuration d’environ 300 sites, synonyme de « suppression de plusieurs milliers d’emplois » d’après la CGT Finances Publiques 93.
En clair, d’ici 2030, toutes les implantations territoriales de la DGFIP se verront réorganisées. Officiellement, cette démarche permettrait une meilleure prise en compte « des difficultés d’attractivité et d’empreinte immobilière ». Mais les syndicats y voient surtout la volonté du gouvernement de dématérialiser le service public.
Les usagers, « les premiers impactés »
Sur les 21 sites de finances publiques du 93, quatre centres seraient ainsi concernés par la fermeture définitive : Rosny-sous-Bois, Tremblay-en-France, Rosny-sous-Bois et le Blanc-Mesnil. Six autres services seront transférés ailleurs et huit « réadaptations du réseau » sont également programmées d’ici 2029, notamment dans les Services des impôts des entreprises (SIE) de Bobigny et de Neuilly-sur-Marne.
« Les usagers seront les premiers impactés », prévient gravement l’intersyndicale CGT-Solidaires-FO Finances Publiques 93. Dans une lettre aux députés publiée le 21 juillet dernier, la CGT FIP 93 met en garde les pouvoirs publics : « Pour vos administrés, le choix sera donc des délais d’attente plus importants ou se débrouiller par eux-mêmes avec internet. »
Et pour les agents, la situation n’est pas moins critique. L’intersyndicale pointe du doigt leurs conditions de travail en passe de s’aggraver : « Allongement des trajets domicile/travail, pression hiérarchique, démotivation… » La CGT Finances publiques a quant à elle réagi au début du mois de juillet en exigeant l’arrêt total de ce Nouveau Réseau de Proximité 2. Elle demande que la Direction générale des finances publiques « communique (…) sur tout le territoire les réorganisations validées par les préfets », ainsi que les « adaptations du réseau » également prévues.
1,1 milliard d’euros en moins dans les caisses du fisc
Un plan de réorganisation dont la France Insoumise a récemment pointé les failles, notamment en matière de lutte contre la fraude fiscale. Mardi 21 juillet, la députée Mathilde Feld (LFI) présentait ainsi un rapport parlementaire sur les moyens de la DGFIP concernant la fraude et l’évasion fiscales. Efficacité « considérablement dégradée », « coupes massives » dans les effectifs du trésor public ces quinze dernières années, usage déraisonné de l’intelligence artificielle, le document met en évidence toutes les lacunes de la DGFIP et de la gestion de ses employés. Et ce, « malgré dix ans de communication constante sur les multiples plans et textes de lutte contre la fraude initiés par le gouvernement », accuse la rapporteure.
Concrètement, les recettes fiscales de la Direction (qui incluent les droits et les pénalités) ont diminué de 21,2 milliards d’euros en 2015 à 20,1 milliards en 2024. Un chiffre qui correspond à « un recul de 5,4 % en euros courants », qui s’avère être « de l’ordre de 20 % une fois corrigé de l’inflation ».
Mathilde Feld plaide ainsi pour redonner des moyens à la DGFIP, ainsi que des effectifs supplémentaires : la création de 2 000 emplois est recommandée d’ici 2029 « afin de ramener le nombre de contrôles fiscaux externes au niveau du début des années 2010 ». Le secrétaire national de Solidaires Finances publiques, Damien Robinet, s’est réjoui de la publication de ce rapport. Il « met en exergue les manques de personnel » a-t-il relevé auprès de l’AFP, car « les moyens supplémentaires ne passent pas seulement par l’IA. »
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