
L’organisation d’un « banquet breton » à Quimper, au mois de décembre, par Le Canon français est au cœur d’une bataille d’avocats. Rien n’est encore tranché.
Par Claire LAGADIC
« C’est entre les mains des avocats ». Trois mois après la polémique autour de l’organisation d’un « banquet breton » par le Canon français au mois de décembre à Quimper, l’agglomération (Quimper Bretagne occidentale, QBO) comme les organisateurs refusent de révéler où en est la procédure. Les avocats de chacune des parties sont en pleines tractations, répondent-ils.
Tandis que Quimper Événements, gestionnaire communautaire du Parc des expositions, avait programmé le banquet au 5 décembre, QBO avait demandé la suspension du contrat « au vu des risques », le Canon français étant accusé d’entretenir des liens étroits avec l’extrême droite.
« Liberté d’entreprendre »
« C’est une atteinte à la liberté d’entreprendre, s’insurge Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse, l’un des deux fondateurs du Canon français. Nous faisons travailler 4 000 personnes par an. Certaines filières en dépendent. Le risque de trouble à l’ordre public n’est pas justifié. C’est parti trop loin. Pourquoi mettre de la politique partout ? On ne fait l’apologie de rien du tout ».
Si l’issue des tractations entre avocats n’est pas encore connue, le Canon français entend bien maintenir son banquet breton. « S’il ne peut pas se tenir à Quimper, il aura bien lieu dans une autre ville, affirme Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse. On refusera catégoriquement de se faire censurer. On fait de la culture française. Ce qui nous intéresse c’est de rendre les gens heureux. Si on n’aime pas, on ne vient pas. On impose le Canon français à personne et, d’ailleurs, on ne demande aucune subvention ».
Cyberharcèlement
Si le banquet breton ne figure plus au programme de Quimper Événements, il reste ouvert à la réservation sur le site internet des organisateurs à la date initialement fixée, toujours au Parc des expositions de Quimper. L’événement est indiqué « complet » et une « liste d’attente » est proposée.
La polémique sur la tenue ou non de l’événement avait suscité de vives tensions au point qu’Isabelle Assih, la maire de Quimper et présidente de QBO, avait reçu des menaces et déposé plainte après avoir été massivement cyberharcelée. Elle avait obtenu, pour elle et ses proches, la protection fonctionnelle, tout comme son adjointe aux sports, Christelle Quéré.
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