
Selon le baromètre du cabinet Qualisocial réalisé avec Ipsos, publié jeudi 15 janvier, la santé mentale des salariés s’améliore un peu mais sans atteindre le niveau d’avant pandémie.
Par Cécile ROUSSEAU.
Une embellie dans un ciel toujours sombre. Selon le baromètre du cabinet Qualisocial réalisé avec Ipsos, publié jeudi, 22 % des travailleurs s’estiment en mauvaise santé mentale en France, soit six millions de personnes. Parmi eux, 19 % qualifient leur santé mentale de « mauvaise » et 3 % de « très mauvaise ».
Ce chiffre, en amélioration par rapport à l’année dernière – ils étaient 25 % en souffrance début 2025 – reste toutefois bien supérieur à la période pré-Covid. D’après Santé publique France, avant la pandémie, entre 16 % et 18 % des actifs se déclaraient en mauvaise santé mentale.
Si la dynamique actuelle se poursuit, un retour aux niveaux d’avant Coronavirus n’apparaît pas envisageable avant l’horizon 2030, prévoit le cabinet tandis qu’une autre réalité préoccupante se dessine : « Les écarts se creusent entre les populations, les secteurs et les organisations, et l’impact d’une mauvaise santé mentale sur le travail atteint un niveau inédit », observe Qualisocial.
« Quand la santé mentale se dégrade, le travail décroche »
Les secteurs les plus en difficultés sont l’hébergement médico-social et action sociale où 31 % des travailleurs s’estiment en mauvaise santé mentale, puis le commerce, 26 % et l’enseignement et formation professionnelle, 25 % contre par exemple 14 % pour la construction et le BTP.
Globalement, les femmes se disent en moins bonne santé mentale que les hommes, mais l’écart se réduit. Dans cette étude, 74 % d’entre elles se disent en bonne ou très bonne santé mentale contre 80 % des hommes. Alors que le bien-être au travail est loin d’être posé comme une priorité par les employeurs, comme le constate Qualisocial : « Quand la santé mentale se dégrade, le travail décroche ».
Les actifs en mauvaise santé mentale affichent ainsi -33 % d’engagement et -45 % de propension à recommander leur employeur. Cette question devient d’autant plus cruciale que de nombreux salariés la placent désormais en tête de leur priorité : 25 % d’entre eux mettent en avant l’importance des conditions de travail, la santé et la sécurité au travail et 24 %, les relations au travail et l’ambiance de travail.
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