
Politis a couvert cette nouvelle journée de manifestations dans tout le pays, avec un appel à la grève générale de l’intersyndicale. Nos journalistes ont suivi les événements notamment dans la région de Grenoble (Voiron), au Mans dans la Sarthe, et à Paris pour faire remonter les images et revendications des cortèges et des grèves.
L’équipe de Politis, vous aura emmenés ce 5 novembre sur le terrain près de Grenoble, à Voiron, au Mans, à Toulouse et Paris. De nouvelles manifestations auront lieu dès ce samedi 7 novembre, notamment à l’initiative du mouvement des gilets jaunes. Merci de nous avoir suivis.
17 h 55, Paris : le cortège toujours en cours
Les manifestants continuent d’arriver à place de la Nation, où tout est calme, alors que la nuit est tombée. Les cortèges syndicaux ne sont toujours arrivés.
17 h 40 : 600 000 manifestants selon l’Intérieur, 1,6 million selon la CGT et une conférence sociale annoncée
Selon une première estimation du ministère de l’Intérieur, ce sont 600 000 personnes qui ont manifesté en France ce 5 novembre. Le chiffrage définitif sera communiqué dans la soirée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé dans un communiqué la réunion, ce lundi 9 novembre à Matignon, d’une « conférence sociale » avec les syndicats et le patronat. Les cortèges ont réuni « près de 1,6 million » de personnes, selon la CGT, dont 350 000 à Paris.
16 h 50, Paris : « On a eu un cadre d’étude exceptionnel et on aimerait que cela soit le cas pour tout les lycées »

Des anciens élèves de Polytechnique ont défilé aux côtés des lycéens. « Nous avons été ultra favorisés, on a eu un cadre d’étude exceptionnel et on aimerait que cela soit le cas pour tout les lycées. On porte l’uniforme pour représenter notre école et ses élèves actuels qui n’ont pas le droit de manifester » témoigne Raphaël, un ancien élève de l’école, aujourd’hui ingénieur à la SNCF.

16 h 45 , Voiron : prises de parole et fin de manifestation
La manifestation se termine par des prises de parole : Union syndicale lycéenne, CGT, FO, ATTAC, PCF, Les Écologistes, et députée LFI locale. Dénonçant aussi bien les conditions de travail des lycéens et lycéennes, des paysannes et des paysans, les conditions dans le médico-social que les profits des multinationales. La buvette vient réchauffer les mains alors d’autres dansent encore près des tracteurs. « N’ayez pas peur d’aller dans la rue ! Sortez de chez vous : c’est pas parce qu’on a des droits aujourd’hui, qu’on en aura demain ! », conclut Mélaze, de l’Union syndicale lycéenne. À Voiron, c’est la fin des discours et le départ des derniers tracteurs.
16 h 30, Voiron : « Ce gouvernement est aux abois »
16h30 – Dans les rangs de la manifestation, Sandrine Nosbe, députée locale de Voiron et de la 9e circonscription (La France insoumise) : « Il faut soutenir ce mouvement contre la vie chère et pour les demandes lycéennes. Tout augmente aujourd’hui : l’alimentation, le carburant… et, à côté, TotalEnergies fait des profits énormes. On est arrivé à un stade où en face, on ne lâche rien et on blesse des enfants. Ce gouvernement est aux abois. Ici, il y a une convergence des luttes qui est importante. Il n’y a aucune réponse aux demandes. » Sous la fresque de Pierre Ruibet, résistant mort pendant la seconde guerre mondiale, la manifestation arrive en musique à la Bourse du Travail.
16 h 25 : bouchon à Nation et drone dystopique
Maxime Sirvins, notre journaliste et photographe : « On est arrivé a Nation, il y a beaucoup de monde. Le terre-plein central de la place est bloqué par des CRS, personne n’y entre. Il n’y aura jamais assez de place pour que la foule rentre. » « Le cortège parisien est tellement long que des manifestants viennent à peine de quitter la place de la République. Des milliers de personnes sont déjà arrivés à la place de la Nation » indique Céline Martelet, notre autre journaliste dans le cortège parisien. « Un drone survole la place de la Nation. Une voix féminine s’en échappe et invite les manifestants à se disperser. Jamais vu ça… à part en Israël ! »

16 h, Paris : les gendarmes critiquent les policiers
Notre journaliste Maxime Sirvins témoigne : « Alors que la manifestation se déroule dans le calme, le cortège de tête parisien subit plusieurs coupes et charges des forces de l’ordre, durant une dizaine de minutes. Plusieurs banderoles sont saisies, tandis que du gaz lacrymogène est lancé au niveau de la rue des Boulets. Des tensions éclatent entre policiers et gendarmes au sujet de ces charges à répétition : les gendarmes à l’avant du dispositif, invectivent les policiers, qui écrasent et frappent des manifestants contre leurs lignes. La place de la République est pour l’heure toujours noire de monde. »
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Dans le cortège des sapeurs pompiers de Paris en grève. Les premiers manifestants arrivent à la place de la Nation.

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Aux côtés des forces de l’ordre, le député macroniste Christophe Marion (Ensemble pour la République), venu en observateur du maintien de l’ordre. « Je suis membre de la commission d’enquête pour les événements du 17 octobre. »

16 h, Voiron : « Du jamais vu »
Sur l’air de « Taxer les riches » du groupe Planète Boom Boom, dix lycéens courent pour monter sur autre remorque. Les cris et les rires sont au rendez-vous pour s’approprier l’outil paysan. Quelques secondes plus tard, la paysanne au volant d’un autre tracteur klaxonne le rythme du chant « Siamo tutti antifascisti ». S’enchaîne la réponse des lycéens dans la remorque, en tapant en rythme sur l’engin. La jeunesse de Voiron confirme, elle aussi, son esprit révolté. Les voitures continuent de klaxonner et sourire au passage de la manifestation.
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Le cortège paysan s’est à nouveau retrouvé séparé du reste de la manifestation, cette fois-ci à cause d’un pont ferroviaire. Les retrouvailles sont festives. Selon la police municipale, 700 personnes sont présentes. C’est plutôt 1 000 à 1 500 personnes pour la CGT. Une chose est sûre, « c’est du jamais vu pour Voiron ». « Y’a un truc de fou qui se passe », lance Danaël, militant local de La France insoumise
15 h 40, Paris : « Moi je ne peux pas manifester, je suis patronne, mais on est là »
Les forces de l’ordre viennent de charger la tête du cortège, très fourni, pour le couper en deux. Une librairie est restée ouverte et propose aux manifestants de venir se réfugier. « On est ouvert si besoin. On a de l’eau pour vous. » La libraire s’appelle Magalie, elle vient d’accueillir un jeune manifestant en crise de panique. « C’est par solidarité, moi je ne peux pas manifester, je suis patronne, mais on est là. » Première charge violente des forces de l’ordre : la librairie est remplie de personnes blessées par des éclats de grenades de désencerclement.

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15 h 30, Toulouse : lacrymos à gogo
À Toulouse, le cortège est à l’arrêt, les forces de l’ordre voulant l’empêcher de rejoindre Jean-Jaurès. Les manifestants chantent et dansent, malgré les lacrymogènes que les forces de l’ordre leur envoient par réflexe et habitude, et évidemment en grand nombre. Il y avait apparemment du stock à écouler, en Haute-Garonne.


15 h 30, Voiron : « Je suis présent par solidarité et contre le racisme »

Alors que la police s’est arrêtée, le cortège paysan s’est retrouvé séparé, à l’arrière de la manifestation. Les manifestants l’ont rejoint en solidarité. Jeunes, retraités, travailleurs… le cortège est varié. Des lycéens en classe de seconde en maçonnerie et commerce dansent et chantent sur les bottes de foin. « Pour nous, il y a un manque de moyens. On a fait des blocages à notre lycée », raconte Pablo. « Moi je suis présent par solidarité et contre le racisme », explique Samba.
15 h 20, Paris : le cortège avance vers Nation


En tête de cortège, les forces de l’ordre qui donnent le rythme de la manifestation, qui avance sur le boulevard Voltaire et passe devant la mairie du 11e, pour rejoindre Nation, à quelques encablures.
14 h 30, Voiron : convergence des luttes

Les six tracteurs de la Confédération paysanne, escortés par huit gendarmes motards, sont arrivés à Voiron. La Confédération paysanne rejoint la manifestation qui s’élance. « Oui, les patrons c’est comme des cochons ! » : la musique est lancée sur la sono de l’Atelier paysan. Les engins sont acclamés à leur arrivée. En tête de cortège : CGT, CFDT, lycéens et lycéennes sont présents. « 600 personnes à Voiron, c’est une belle manifestation pour ici », précise un membre de l’Union Locale CGT de Voiron.
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Des lycéens et lycéennes sont monté.es sur la remorque d’un tracteur d’une paysanne. « On veut être entendus : on manifeste pour nos parents qui ne peuvent pas faire grève, pour des moyens dans nos lycées », revendique Romane, élève en terminal au Lycée Édouard-Herriot de Voiron. Les paysannes et les paysans avaient justement préparé des banderoles en solidarité. La convergence des luttes a lieu très concrètement ici.
Jérémie, professeur de technologie au collège à Beaurepaire et membre du syndicat SNES-FSU explique pourquoi il est présent aujourd’hui : « La convergence elle est importante pour nous les enseignants. Ça montre qu’on a tous les mêmes problèmes et qu’on lutte tous pour autre chose. Les gouvernements sont de plus en plus ultra-libéraux. J’en vois les conséquences sur l’environnement, le démantèlement des services publics et les solidarités. Cette pensée libérale pousse à l’individualisme. Même en tant que syndiqués, aujourd’hui on est de plus en plus menacés pour exercer nos droits depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. »
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Alors que le cortège continue d’avancer, trois cuisiniers font leur pause cigarette à l’arrière du restaurant où ils travaillent. « J’étais pas au courant de la manif. Mais c’est sûr que la vie coûte cher. Tout coûte cher. On n’a pas le temps de faire grève ni la possibilité avec le salaire. En tant que responsable, c’est compliqué. Après y a des demandes sociales avec lesquelles je suis d’accord, d’autres non », nuance Nicolas. Pour Daniel, au collège, il y avait un « manque de prof et trop d’élèves en classe. Je suis dyslexique et dysorthographique : on est mis de côté. Les profs moins de temps pour s’occuper de nous. »
15 h, Le Mans : fin de manifestation et détermination intacte

La manifestation du Mans, très joyeuse et tranquille, a rassemblé entre 8 500 et 10 000 personnes. Elle se termine, sous le soleil, par une AG inter-luttes afin de réfléchir à la suite, samedi. Les jeunes comptent sur le soutien pérenne des travailleurs : les lycéennes se sentent parfois isolés lors des blocages d’établissement, les étudiants font notamment face à une répression administrative. Aujourd’hui la présidence de l’université du Maine a décidé de banaliser tous les cours et les examens en présentiel « pour raisons de sécurité ». La détermination reste intacte pour le moment. Et tous ont aussi en tête l’échéance électorale de 2027. Une pancarte « La jeunesse emmerde le RN » est restée bien en vue tout au long de l’AG.
14 h 50 : le monde à l’envers
Une fois n’est pas coutume… La police annonce 270 000 manifestants partout en France à la mi-journée… Soit 20 000 de plus que les chiffres de la CGT.
14 h 45, Paris : tête de cortège bloquée
La tête de cortège est bloquée à Paris, la manifestation venait de commencer.

14 h 30, Le Mans : « C’est normal que les ouvriers aient un peu la haine »
Des manifestants de tout le territoire sont venus dans le cortège du Mans. Cyrille et Philippe travaillent à l’usine Hutchinson de Sougé-le-Ganelon, à 45 km du Mans, spécialisé dans la fabrique des produits industriels à base de caoutchouc. Leur usine fait partie du groupe TotalEnergies. « Quand on voit les bénéfices records qu’ils engrangent alors que notre pouvoir d’achat baisse, que nos usines sont menacées, c’est normal que les ouvriers aient un peu la haine. Est ce que c’est normal qu’une de mes collègue de l’usine soit obligée de toucher la prime d’activité ? Non ! », déclare Philippe, secrétaire CGT de Sougé, qui y travaille depuis 1991. Il y a 15 ans, plus de 1 200 personnes y travaillait (intérimaires compris). Aujourd’hui ils ne sont plus que 500.

« Les conséquences de la robotisation et des délocalisations d’usines qui font des pièces automobiles (Maroc, Pologne, Espagne….) donc ici, nos usines sont sur le point de fermer », glisse Cyrille, délégué syndical central Hutchinson SNC. L’usine de Briare, dans le Loiret, est en train de fermer et de laisser 65 personnes sur le carreau. À Sougé-le-Ganelon, un projet de rupture conventionnelle collective est en cours. Se mobiliser aujourd’hui était une évidence pour eux afin de défendre leur pouvoir d’achat et de combattre l’extrême-droite.
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14 h, Paris : la police fait monter la tension
« La police vient de charger la tête de cortège des le début pour récupérer les banderoles », nous indique Maxime Sirvins, notre journaliste spécialiste du maintien de l’ordre et photographe. La foule entonne le chant du film Hunger Games. Sur les toits, des policiers suréquipés observent. Des doubles fouilles sont imposées aux personnes venues exercer leur liberté fondamentale de manifester.

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14 h, Toulouse : départ bloqué et tensions
La manifestation va démarrer dans la ville rose, sur un parcours que la préfecture n’a pas validé. Le départ est bloqué par les forces de l’ordre. Le cortège a décidé d’avancer quand même, mais n’avance guère. Les forces de l’ordre ont confisqué masques et sérums physiologiques.

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13 h 30, Paris : « La musique n’est pas là que pour rendre les manifestants joyeux »
Place de la République, à Paris, l’Orchestre du Nouveau monde grandit à chaque mobilisation ! Étienne Jarrier, le chef d’orchestre, lance à la foule : « La musique n’est pas là que pour rendre les manifestants joyeux. On n’obtient rien en marchant. » Il y a environ 400 musiciens, selon notre journaliste sur place, Céline Martelet.



13 h 30, Le Mans : « Cette mobilisation de la jeunesse c’est revigorant ! »

Peu d’élus dans le cortège manceau. Mais la députée LFI Élise Leboucher est présente. Sa circonscription comprend quelques quartiers du Mans, mais s’étend aussi sur de nombreux territoires ruraux. « Cette mobilisation de la jeunesse c’est revigorant ! Leurs revendications sont légitimes, et se sont les mêmes que portent les prof depuis des années, sans être écoutés : manque de personnel, temps scolaire pas adapté, besoin de chauffage…. Ils ont besoin d’adultes qui les écoutent mais le gouvernement les méprise ! », s’indigne-t-elle auprès de notre journaliste Vanina Delmas. Elle voit dans cette convergence des luttes et des colères un 3e tour social avant la présidentielle et ne perd pas de vue qu’une partie de cette jeunesse votera en 2027.
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13 heures, Grenoble : ça remballe

Une fois les bottes remballées, les tracteurs se préparent à prendre la route. Encore une cinquantaine de personnes sont présentes. Pour la suite de la journée, la Confédération paysanne décide de rouler vers une manifestation, à quelques kilomètres d’ici.
13 h, Paris : les manifestants arrivent à République
La manifestation partira dans une heure à Paris, depuis la place de la République. Sur place, les gens commencent à se rassembler alors que l’Orchestre du Nouveau monde va bientôt commencer sa représentation (celui-là même qui avait reçu des lacrymogènes place de la République, avant le début de la manifestation le 17 octobre). Tout autour les gendarmes mobiles bloquent les avenues avec grilles et camions à eau. Le ton est donné.

12 h 40 : au Mans, Macron, « rillettes king »
Macron dans un pot de rillettes : les étudiants des beaux arts du Mans sont très inspirés par la gastronomie locale.

12 h 40, Ivry-sur-Seine : « Soutenir et suivre l’exemple des lycéennes et des lycéens »

L’intersyndicale d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) s’apprête à rejoindre le cortège parisien, qui défilera entre République et Nation. Le syndicat Solidaires appelle déjà à une nouvelle journée de grève dans les écoles mardi prochain pour « soutenir et suivre l’exemple des lycéennes et des lycéens », dit l’un de ses représentants.
12 h, Grenoble : « Le 15 du mois, je suis à découvert »
Retour d’une manifestante qui distribue de la soupe : « Ça calme les automobilistes. » Un gendarme demande si la soupe est au potimarron. « C’est pas fait maison, mais fait rond-point ! », s’amuse un manifestant. De l’autre cote du rond point, Géraldine, manifestante raconte : « 90 % des gens nous soutiennent. Il y a de la sympathie pour le mouvement social. Les gens sont vénères ! » Après avoir propose du pain et fromage, elle prend le temps de discuter avec les automobilistes à propos du mouvement social.
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Les personnes avec leur bebe et les ambulances passent en priorité. Plus loin, un automobiliste sort de son vehicule arreté et ramène son bol de soupe : « Je soutiens, mais je gère un magasin bio. Je ne pouvais pas faire grève aujourd’hui. Et honnêtement, le 15 du mois, je suis à découvert. J’ai une famille et un appartement, je gagne pourtant 2 000€ par mois. Anniversaires, voiture… Dès qu’il y a une dépense imprévue, c’est compliqué. Du coup Je fais quelques boulots à cote pour compléter. »
Pour autant, tout le monde n’est pas content. Sur une autre route menant au rond point, les klaxons résonnent au loin en signe de protestation. « On est tous dans la merde en ce moment. Je comprends la grève. Mais je ne soutiens pas ce type d’action », explicite cet automobiliste, salarié de la sécurité d’un magasin de la grande distribution.
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Une caisse de grève a été mise en place. Elle est abondée par les automobilistes depuis ce matin. « Une voiture sur quatre nous a donné quand on a proposé de donner », lance un manifestant pendant l’AG. Les manifestants évoquent ensemble les moyens de rester en contact pour s’organiser pendant la suite du mouvement social. De quoi imaginer d’autres actions pour la suite.
12 h, Le Mans : « On se bat aussi contre la répression policière »

Au Mans, le cortège est mené par les lycéens et étudiants. Nino, 18 ans et Valentine, 17 ans, sont mobilisés depuis le 28 septembre dans les manifestations et le blocage de leur lycée Bellevue. « La précarité étudiante augmente de plus en plus, les services publics se dégradent, le racisme, l’islamophobie se renforcent donc tout ça nous inquiète », résume Nino.
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Leur avenir est aussi assombri par Parcoursup. « On veut quitter Le Mans, mais on sait que ce système classique, inégalitaire nous contraindra à suivre ce qu’ils veulent eux », lâchent ils. Nino rêve d’école de cinéma, Valentine de devenir professeur des écoles, malgré la précarité du métier. « On se bat aussi contre la répression policière. Pour les jeunes qui ont été éborgnés, qui ont perdu leur main. Chez nous, la police a gazé devant le lycée lundi matin alors que personne n’était dans la provocation », déplore Valentine.

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12 h : 52 % des personnels des lycées et collèges en grève aujourd’hui
L’Union syndicale lycéenne revendique 1 000 établissements à l’arrêt… pendant que le ministère de l’Éducation nationale ne concède que 81 lycées bloqués pour la matinée. Selon le SNES-FSU, 52 % des personnels des lycées et collèges sont en grève aujourd’hui.
11 h 40 : démonstration de force du pouvoir
Comme les samedis 24 et 31 octobre, 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés aujourd’hui dans toute la France. Plus de 220 actions sont attendues, selon le ministère de l’Intérieur. À Paris, plusieurs arrêtés préfectoraux encadrent les rassemblements. Le parcours Bastille-Concorde a été interdit au dernier moment au profit d’un trajet République-Nation, beaucoup plus court. Des interdictions de rassemblements visent également certains secteurs (bleus sur la carte). La surveillance par drones et hélicoptère a été autorisée dans toute la capitale.

Paris, 11 h 20 : « On leur fait peur »

Un groupe d’étudiants manifeste devant la gare Montparnasse, appelant à une convergence entre lycéens étudiants et travailleurs. Sur leur banderole, ils ont écrit : « On leur fait peur. »
11 h 20, Le Mans : « Comment fait on à 21 ans pour payer notre loyer, notre nourriture, notre essence ? »

Les étudiantes infirmières en 3e ont enfilé leurs blouses blanches pour manifester et défendre la fonction publique. Elles racontent toute la dégradation de leurs conditions de travail en stage, alors qu’elles font le même travail que les titulaires. « On est payées environ 1,70 € de l’heure, 300 € pour cinq semaine de stage. Comment fait on à 21 ans pour payer notre loyer, notre nourriture, notre essence ? On a toutes des jobs étudiants à côté, mais on ne peut pas faire plus de 15 h/semaine », raconte Manon. Ici, leurs frais kilométriques ne sont pas remboursés, même pour aller en stage, même quand elles habitent à 30 km du Mans. « Notre motivation est toujours de soigner et d’aider les gens mais ont sait que la situation s’est dégradée dans le secteur hospitalier depuis 3 ans. La plupart des infirmières arrêtent leur métier au bout de 3 ans… », lâche Chloé.
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11 h, Grenoble : nouvelle AG en cours

Hug, membre de la cantine solidaire : « On a prévu une centaine de repas avec des produits issus de glanage et des dons de fermes paysannes du Sud-Grésivaudan, au nord-ouest de Grenoble. » Au menu : soupe aux légumes, purée de patates douces et poireaux. Cuisson en live, sur la remorque agricole.
11 h, Paris : Sophie Binet (CGT) : « Faire grève, c’est toujours gagnant »
À Paris, l’intersyndicale des agents de la SNCF est réunie en assemblée générale à la gare Montparnasse. Présente, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, assure déjà que cette journée est une réussite. « Ils ont pensé se débarrasser de la mobilisation en nous faisant passer pour des casseurs. Ils ont essayé de nous faire peur avec plus de répressions. Aujourd’hui nous recensons déjà 250 manifestations prévues dans le pays et ça sera en centre-ville. Ils ont essayé de nous diviser mais aujourd’hui sera une journée de convergence avec la jeunesse. Quand on est ensemble on sait qu’on gagne à la fin. »

Pour elle, une nouvelle étape est franchie aujourd’hui avec les appels à la grève dans le privé et le public. « Faire grève c’est mettre les patrons face à leur responsabilité et leur réclamer une augmentation de tous les salaires partout ! Faire grève, c’est toujours gagnant. Cela contraint les patrons à venir à la table des négociations. »
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Ce matin, la SNCF a annoncé trois mesures pour ses salariés, notamment, dès aujourd’hui, l’augmentation de 2 % des indemnités des heures de nuit, dimanches et fêtes pour les quelque 100 000 salariés qui assurent la continuité du service ferroviaire ou travaillent en horaires décalés. Pour les salariés qui utilisent un véhicule personnel pour venir travailler, l’allocation kilométrique est augmentée de 5 %.

10 h 30, Grenoble : « Aujourd’hui le débat politique est aussi empoisonné que les terres »
Les manifestants de la mobilisation de la Confédération paysanne se réunissent en AG. Plus d’une centaine de personnes sont toujours présentes, venues depuis les environs et le nord du département. La décision est prise de continuer à occuper et se réunir à nouveau à 11 h. 11 h : c’est aussi l’heure de la manifestation à l’appel de l’intersyndicale, à Grenoble. « La soupe est prête », signale un participant pour clore l’AG qui aura duré 5 minutes chrono. Les gendarmes viennent échanger avec un groupe de manifestants.

Lucie, salariée d’une association d’éducation populaire, proche du syndicat Solidaires, et Vincent, ingénieur dans l’électronique, syndiqué chez Solidaires, expliquent la raison de leur présence. Lucie : « On est là grâce à la Conf’. Aujourd’hui le débat politique est aussi empoisonné que les terres. Le fascisme des politiques, c’est aussi du poison. Je fais le lien entre les deux. Le gouvernement fait du mal, on veut prendre soin des gens, des jeunes et de la terre. On voulait ouvrir les barrières du péage pour prendre l’argent de l’entreprise de l’autoroute. C’est pas totalement satisfaisant ce barrage filtrant, mais on fait ce qu’on peut. »
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Vincent : « La manif permet de s’exprimer. On a manifesté, signé des pétitions, aujourd’hui on essaie quelque chose qui impacte. Les gendarmes ont essayé de nous impressionner. On a vu que ce n’était pas possible de faire le barrage filtrant et que les gendarmes allaient vite nous bouger si on bloquait. On fait la manif cet après-midi aussi. Là, c’est l’activité du matin. »
10 h 30
Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté le recours des syndicats locaux qui contestaient l’interdiction préfectorale de manifester en centre-ville. L’intersyndicale a néanmoins décidé le maintien du parcours initialement décidé. À Paris, le tracé reliera la place de la République à celle de la Nation en passant par le boulevard Voltaire. Ce n’était pas celui voulu par les syndicats, qui demandaient à défiler entre Bastille et Concorde, en passant par la rue de Rivoli, un parcours refusé par la préfecture car trop proche des lieux de pouvoir, décision que le tribunal administratif a entérinée.
10 h, Le Mans
Au Mans, la place des Jacobins se remplit tranquillement pour le départ de la manifestation contre la vie chère à l’appel de l’intersyndicale (CGT, Solidaires, CFDT, Unsa, FSU et CFE-CGC). Un orchestre du Nouveau monde réchauffe l’ambiance. Celui-ci s’est organisé hier soir pour répondre à l’appel de celui de Paris, mené par Étienne Jarrier.

10 h, Grenoble : « Il faut faire converger les luttes paysanne et le monde du travail »
L’Atelier paysan, une association d’autoconstruction d’outils agricoles, est sur place. « On répond à l’appel de la Confédération paysanne. On pense qu’il faut faire converger les luttes paysanne et le monde du travail. Mot d’ordre : vivre dignement du travail avec revenu digne et conditions de travail meilleures. Il faut une mise à plat de la condition paysanne, et pas que sur le revenu. Le 5 novembre, c’est le revenu. Mais c’est plus large. Un changement à la marge ne suffit pas. Aujourd’hui, c’est le bagne : dette, compétition… L’Atelier paysan, comme d’autres organismes de développement agricole, n’est pas soutenu. Ça devrait être la priorité de tous nous soutenir. »

Des messages de solidarité à Gaza, contre CNews et contre le crime raciste de Trappes et La Verrière, dont Pengo Bossio Wangi a été victime, sont affichés. L’opération barrage filtrant continue dans la convivialité. Les manifestants font des passes avec un ballon de foot sur la pelouse, d’autres bloquent l’accès au rond point avec un ballon de gym. Rires, échanges et coups de klaxons en soutien de certains automobilistes. D’autres discutent autour d’un brasero.
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9 h 30
Le ministère de l’Éducation nationale estime le taux de grévistes jeudi à 17,54 % dans le premier degré public. Dans les transports, où quatre organisations de la SNCF (CGT, Unsa ferroviaire, Sud Rail et CFDT) ont appelé à la grève, le traficestannoncé « perturbé » sur les lignes régionales et franciliennes et « légèrement perturbé » pour les TGV.
8 h 30, Grenoble : « Ma fille est au lycée, entre Parcoursup et le manque de chauffage, c’est pas possible ! »
Ici les drapeaux de la Confédération paysanne et de la Palestine flottent côte à côte. Malgré la fraîcheur et le vent, près de 150 manifestants sont présents et ont mis en place un barrage filtrant aux trois entrées du rond-point. Après plusieurs minutes à bloquer, un véhicule passe parfois. L’ambiance est calme et festive : musique, petit déjeuner solidaire, déguisement de dinosaure. Quelques échanges calmes avec la dizaine de gendarmes qui demandent parfois aux manifestants de laisser passer quelques véhicules.

Camille et Jean-Luc, manifestants insoumis, habitent les environs : « Les gendarmes sont plus conciliants avec les agriculteurs. On a envie d’être là pour faire des actions qui ont des effets autres que la grève. On soutient la Confédération paysanne. » Un dinosaure, « symbole » du mouvement lycéen, est monté sur un tracteur de la Confédération paysanne. « Plutôt blocage que filtrant », dit un gendarme. Un automobiliste demande à passer pour son rendez-vous à l’hôpital. 1 heure 40 d’attente pour une automobiliste, qui assure malgré tout son soutien. 1 heure d’attente pour une femme accompagnant son fils au lycée, en route pour le travail, très agacée.

Une motarde : « Je n’attends pas depuis longtemps. Je soutiens cette mobilisation. » Derrière, un automobiliste confirme : « C’est chiant mais c’est bien. Ça fait 1 h 30 que j’attends. Je soutiens les lycéens. Ma fille est au lycée, entre Parcoursup et le manque de chauffage, c’est pas possible ! Et puis le prix essence, le prix du caddy a triplé. C’est à cause du gouvernement actuel je pense. » Mathieu, enseignant-chercheur, CGT FERC Sup : « Il faut relier les différents monde du travail. Il faut des salaires dignes pour les paysans et pour tout le monde. »
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8 h 40, Vitry-sur-Seine

Les lycées de plusieurs villes du Val-de-Marne sont fermés pour deux jours dans département, où la mobilisation lycéenne est importante depuis fin octobre. Au lycée polyvalent Adolphe-Chérioux, à Vitry-sur-Seine, les blocus avaient repris depuis le retour des vacances, comme dans plusieurs établissements d’Ivry-sur-Seine ou de Créteil.
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8 h, Grenoble, rond-point près du magasin de producteurs la Ferme des saveurs
Marie Allagnat, paysanne boulangère, produit des céréales transformées en farine et pain en Nord-Isère. Elle est membre du comité départemental (CA) de la Confédération paysanne 38 : « On rejoint la mobilisation des lycéens et cette journée de grève nationale. On dénonce la répression policière sur le mouvement social. Le monde agricole subit de grosse difficultés et ça suffit. Cet été avec la canicule et sécheresse, des fermes ont mis la clé sous la porte. On en arrive à bout des ces politiques agricoles pour l’agro-industrie. Il faut rediscuter de la question du revenu, de l’argent public… C’est le même modèle économique qui broie les paysans et le service public. Aujourd’hui, l’argent public va a l’agro-industrie et des paysans travaillent jusqu’à 16 h par jour. »
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« Plus largement, on est ici en solidarité avec le mouvement en cours, contre les crimes racistes et les violences policières. On s’oppose enfin contre l’extreme droite qui instrumentalise les gens : nos combats ne sont pas opposés. On est solidaire face au capitalisme. Par exemple, aujourd’hui, les mêmes syndicats agricoles qui ont cassé sont pour la loi « casseurs-payeurs » : la Coordination rurale et la FNSEA », dénonce-t-elle à notre correspondant Hugo Vasseur.

À l’aube, sur l’autoroute menant à Grenoble
Le jour se lève ici, dans les environs de Grenoble. Le point de rendez-vous d’une mobilisation d’agriculteurs de la Confédération paysanne, au rond-point à côté du péage, est déjà occupé par un important dispositif avec une cinquantaine de gendarmes. L’organisation syndicale a appelé à la mise en place d’un barrage filtrant « pour un avenir digne ». L’AREA, structure de l’autoroute, installe des blocs de béton pour éviter le passage des tracteurs qui s’apprêtent à arriver. Selon eux c’est un arrêté préfectoral qui a demandé la mise en place de ces plots. Une dizaine de manifestants sont présents. Un gendarme : « Nous sommes là pour sécuriser la manifestation des agriculteurs et celles des voitures et personnes qui vont au travail. » Sur le côté, un autre gendarme prépare un drone de surveillance.
À 7 h 30, une quinzaine de manifestants sont présents au rond point précédent. La zone industrielle est vide. Seules des voitures passent. Il semblerait que les tracteurs se soient arrêtés en amont face au dispositif de gendarme mis en place. Des voitures en civiles sont également présentes. Le dispositif de gendarme perturbe les plans et la mise en place d’un barrage filtrant tarde à se mettre en place.
Bienvenue dans notre direct. Ce 5 novembre 2026 s’annonce un moment clé du mouvement social – nourri de la mobilisation lycéenne depuis la rentrée –, avec cette journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations pour la revalorisation des salaires et du Smic, des pensions, la défense des services publics, de meilleures conditions d’études… Les syndicats, rejoints par les jeunes et les gilets jaunes, appellent le secteur public et privé à manifester et cesser le travail. Plus de 250 actions annoncées dans toute la France, selon une carte de la GGT. Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a installé le rapport de force en annonçant la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes, promettant « une réponse d’une extrême fermeté » aux éventuels « débordements ». Politis suivra notamment les actions du côté de Grenoble, dans la Sarthe, à Vitry-sur-Seine et Paris pour faire remonter les images et revendications des cortèges et des grèves.
Source : https://www.politis.fr/articles/2026/11/live-direct-la-grande-mobilisation-sociale-du-5-novembre/
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