
Depuis l’instauration d’un cessez-le-feu le 10 octobre, près de 300 enfants ont été tués par des frappes attribuées à l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne. Les survivants sont, eux, confrontés à la faim et à la maladie.
Par Jennifer CHAINAY
Tala Jumaa Abu Matar, 9 ans. Eileen al-Farra, 13 ans. Jad Suleiman, 8 ans… Chaque jour, la liste des enfants tués à Gaza s’allonge. Mardi encore, six membres d’une même famille ont perdu la vie dans une frappe attribuée à l’État hébreu dans le nord de Gaza-Ville. « J’entendais les enfants appeler à l’aide mais je n’ai pas pu les sauver », raconte Ahmed al-Masri, à l’Agence France Presse. Ce survivant de l’attaque sur la maison familiale a perdu son frère, sa belle-sœur et leurs quatre enfants dans le bombardement.
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Tués « chez eux, à l’école »
Depuis le début de la guerre, déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 (1200 morts), les plus jeunes ne sont pas épargnés. Sur les 74 000 morts recensés par le ministère de la Santé à Gaza, près de 21 000 sont des enfants. Des chiffres jugés fiables par les Nations unies.
« En moyenne, un enfant est tué chaque jour à Gaza » depuis le 10 octobre 2025, date de l’instauration d’un cessez-le-feu, a souligné l’Unicef dans un rapport publié le 19 juin. Tous trouvent la mort alors qu’ils sont « chez eux, sur le chemin de l’école, lorsqu’ils jouent au football ou qu’ils pêchent », détaille le document de l’agence onusienne.
« Une fillette de 12 ans a été touchée à la poitrine par une balle réelle tirée depuis une mitrailleuse montée sur une grue alors qu’elle se trouvait dans sa tente », a dénoncé James Elder, porte-parole de l’Unicef, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux à la mi-juin. « Une autre fillette, âgée de trois ans, a été blessée au visage par un tir provenant d’un drone alors qu’elle se trouvait chez elle », a-t-il poursuivi.
40 morts en une semaine
Les frappes israéliennes et les tirs, presque quotidiens, ont tué plus d’un millier de Gazaouis depuis le début de la trêve, dont près d’un tiers de mineurs. La semaine passée a été l’une des plus meurtrières de ces neuf derniers mois, avec au moins 40 Palestiniens tués avec, à chaque fois, des enfants parmi les victimes.
Le 23 juin, une commission d’enquête mandatée par l’Onu a une nouvelle fois dénoncé un « génocide » en cours dans l’enclave palestinienne. « En prenant les enfants pour cible, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir », juge Srinivasan Muralidhar, président de cette commission. Cette dernière dénonce aussi le « ciblage des services de néonatologie et de maternité », entraînant une hausse des fausses couches et des malformations congénitales.
Conditions de vie désastreuses
Ces accusations sont réfutées par l’État hébreu qui assure frapper des cibles légitimes : l’armée israélienne affirme viser des membres du mouvement islamiste palestinien Hamas, qu’elle accuse d’utiliser les enfants de Gaza comme « bouclier humain ». Tsahal plaide aussi la légitime défense face à des Palestiniens jugés trop proches de la « ligne jaune », démarcation artificielle mise en place depuis la signature de la trêve en octobre et derrière laquelle les militaires israéliens sont installés.

ls occupent et contrôlent désormais près de 70 % de l’enclave palestinienne de 365 km², obligeant les 2,2 millions de Gazaouis à s’entasser sur les 30 % restants de cette mince bande de terre bordée par la Méditerranée.
La moitié d’entre eux ont perdu leur logement durant la guerre et la plupart vivent désormais sous des tentes, accablés par la chaleur, au milieu des ordures, des rongeurs et des parasites. Car, aux 21 000 enfants tués par des bombardements, s’ajoutent ceux morts de faim, de maladies mais aussi en raison des conditions de vie désastreuses et de l’effondrement du système de santé dans le territoire palestinien.
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