Violences sexuelles au Likès : en Finistère, le collectif de victimes s’étoffe et demande « à être écouté » (OF.fr-25/06/26)

Pensionnaires du Likès, ils sont plusieurs à dénoncer des agressions sexuelles qu’ils auraient subies dans les années 1970.

Constitué en début d’année 2026, le collectif de victimes d’abus sexuels du Likès, établissement d’enseignement catholique à Quimper (Finistère), continue de grossir. Une rencontre a eu lieu avec le diocèse, mercredi 24 juin 2026.

Par Tristan DURAND

En 2021, et pour la première fois, un homme témoignait dans Ouest-France des viols et agressions sexuelles à répétition qu’il aurait subi dans les années 1970, alors qu’il était pensionnaire du Likès, établissement d’enseignement catholique à Quimper (Finistère). Cinq ans plus tard, le sexagénaire n’est plus tout seul. Dix-huit autres victimes du même prédateur l’ont rejoint au sein d’un collectif créé en janvier 2026, qui compte aussi des proches de victimes potentielles ayant mis fin à leurs jours.

Il a pourtant fallu attendre mercredi 24 juin 2026 pour qu’une première rencontre ait lieu, dans les locaux du diocèse, entre le collectif de victimes et le directeur départemental de l’enseignement catholique. Un signe, pour ces hommes, des obstacles qu’ils rencontrent dans leur parcours de reconnaissance par l’Église catholique de France.

« Il existe plusieurs centaines de victimes »

Nous avons la sensation d’avoir été écoutés et nos échanges doivent être transmis à l’évêque, que nous aurions préféré rencontrer directement, regrettent les représentants du collectif, qui tenaient une conférence de presse à l’issue de la rencontre. En revanche, leur demande d’entretien avec la direction du Likès, elle, reste, à ce jour, lettre morte.

Selon eux, le nombre réel de victimes de ce frère religieux, employé du Likès pendant trente ans et aujourd’hui décédé, pourrait s’élever à plusieurs centaines. Pendant trente ans, tout le monde savait et on a maintenu cet homme en place. On l’a protégé et on n’a pas défendu les victimes, dénoncent les membres du collectif, accompagnés dans leur combat par l’Ampaseo (association pour la mémoire et la prévention des abus sexuels dans l’Église catholique de l’Ouest).

Une reconnaissance libératrice

L’un d’eux, qui se fait appeler Pierre (prénom d’emprunt), a obtenu en avril la reconnaissance officielle de son statut de victime par la Commission de reconnaissance et de réparation. J’en ai parlé à mes enfants pour la première fois le mois dernier, raconte-t-il. Ça a été extrêmement douloureux, mais libérateur. Mes enfants me soutiennent et m’ont demandé de continuer mon combat pour qu’il serve à d’autres victimes.

Pour contacter la Commission de reconnaissance et de réparation : 09 73 88 25 71 ou secretariat@crr.contact ou contact_victimes.likes@yahoo.com

Source: https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violence-sexuelle/violences-sexuelles-au-likes-en-finistere-le-collectif-de-victimes-setoffe-et-demande-a-etre-ecoute-08c301fc-6fdd-11f1-a6cc-3a2a661228b1

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