Algues vertes en Bretagne : sur la Lieue de Grève, ce militant appelle les maires à « engager une action commune » (OF.fr-7/08/26)

Ce mardi 4 août 2026, Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre, sillonne la Lieue de Grève afin de mesurer le taux de sulfate d’hydrogène contenu sous le sable. | OUEST-FRANCE

Mardi 4 août 2026, sur la plage du Yar, à proximité de Plestin-les-Grèves (Côtes-d’Armor), Yves-Marie Le Lay effectue des relevés de sulfate d’hydrogène, dégagé par les algues vertes en décomposition. Face à ce problème écologique, qui a valu à l’État d’être reconnu responsable de la prolifération de ce fléau dans la baie de Saint-Brieuc, le militant appelle désormais les communes littorales à obtenir réparation pour un « sinistre ».

Par Rayane POISSON

Masque à gaz fixé sur le visage, bottes équipées de deux capteurs d’hydrogène sulfuré, troisième détecteur dans une main et pelle dans l’autre… De loin, la première vision qu’on a d’Yves-Marie Le Lay pourrait s’apparenter à un personnage tout droit sorti d’une dystopie. Pleinement équipé, le président de l’association Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre s’apprête à sillonner la plage du Yar, située sur la Lieue de Grève, entre Plestin-les-Grèves et Tréduder (Côtes-d’Armor).

En cet après-midi du mardi 4 août 2026, trois couleurs façonnent la Lieue de Grève : bleu pour l’océan, jaune pour le sable et vert pour… des algues vertes en train de sécher. Un fléau polluant qui s’échoue depuis de longues années dans la baie. Des marées vertes qui peuvent s’avérer dangereuses aussi bien pour les humains que pour la biodiversité à cause du sulfure d’hydrogène, relâché par les algues en décomposition au soleil.

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En creusant sous le sable, Yves-Marie Le Lay découvre plusieurs algues vertes enfouies mais surtout une forte concentration de sulfate d’hydrogène. | OUEST-FRANCE

« Engager une action commune contre l’État »

À partir de 10 ppm, on atteint la limite de sécurité pour une exposition humaine et le capteur se met à sonner. Au-delà de 20 ppm, l’alerte est plus soutenue et passé les 100 ppm, on est dans une zone très dangereuse, détaille Yves-Marie Le Lay, la voix étouffée derrière son masque. Le militant écologiste creuse sous le sable pour effectuer les relevés. Le taux le plus important de la journée s’élève à 106 ppm (parties par million), au niveau de l’embouchure du Yar. Vous voyez, si ça ce n’est pas un préjudice !

Ce préjudice écologique, il provient d’une décision de la cour administrative d’appel de Nantes. Dans cet arrêt, daté du 16 juin, l’État est reconnu responsable de la prolifération des algues vertes sur la baie de Saint-Brieuc. Dans ce contexte, Sauvegarde du Trégor-Goëlo-Penthièvre, ainsi que quatre associations écologiques, ont lancé un appel aux maires du littoral breton afin d’engager une action commune contre l’État. Les communes doivent se déclarer sinistrées pour obtenir réparation ».

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Au niveau de l’embouchure du Yar, Yves-Marie Le Lay a repéré un taux de 106 ppm enfoui sous le sable. Un synonyme de zone dangereuse. | OUEST-FRANCE

« Il faut sortir du modèle agricole breton »

Parmi les communes concernées par cet appel au ralliement, certaines se situent dans le Trégor comme Saint-Michel-en-Grève, Locquirec ou encore Plestin-les-Grèves, dont le maire, Christian Jeffroy, a annoncé ne pas se positionner pour l’instant. En septembre, nous allons en parler et agir en conséquence ».

De son côté, Lannion-Trégor communauté (LTC) considère ce jugement. À la rentrée, nous allons le regarder et le décortiquer », selon les mots de Bénédicte Boiron, vice-présidente en charge de l’environnement. Cette année, nos actions ont été très efficaces. On ne peut pas dénigrer le travail effectué par l’intercommunalité, ajoute Éric Le Creurer, vice-président en charge du développement des agricultures.

Ce préjudice écologique, il est dangereux aussi bien pour les humains que pour l’écosystème. Toutes les espèces sont concernées, alerte Yves-Marie Le Lay. Les actions de l’État ne donnent rien. La Bretagne est entrée dans une impasse… Pour en finir avec ce problème, il faut sortir du modèle agricole breton.

Source: https://www.ouest-france.fr/environnement/algues-vertes/algues-vertes-en-bretagne-sur-la-lieue-de-greve-ce-militant-appelle-les-maires-a-engager-une-action-commune-c8b66b2a-8f5e-11f1-91ed-1c452045cb8b

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