
L’armée israélienne a annoncé qu’elle se préparait à une « vaste opération antiterroriste » en Cisjordanie après la mort de deux citoyens israéliens aux alentours de la colonie de Havat Gilad. Alors qu’elle assure que des assaillants palestiniens ont attaqué des randonneurs, le maire de la ville palestinienne de Tel affirme qu’une vingtaine de colons ont attaqué le village. Quatre Palestiniens ont été tués au cours des affrontements.
Par la rédaction de l’Huma
Ce sont des déclarations qui laissent présager du pire alors que des centaines de Palestiniens ont déjà été tués au fil des derniers mois en Cisjordanie occupée. Après de nouvelles violences qui ont coûté la vie à deux Israéliens et quatre Palestiniens, l’armée israélienne a annoncé ce vendredi 24 juillet qu’elle se préparait à mener une « vaste opération antiterroriste » dans la région de Tel, ajoutant avoir reporté les permissions des soldats sur l’ensemble du territoire et déployé ses forces. Le premier ministre, Benyamin Netanyahou, a, quant à lui, menacé ce vendredi d’agir « avec fermeté » en représailles.
La maire du village palestinien contredit la version de l’armée israélienne
Selon l’armée israélienne, des soldats ont été déployés après des informations faisant état d’une attaque contre des randonneurs israéliens aux abords de la colonie de Havat Gilad. Toujours selon l’armée, les assaillants se seraient emparés de l’arme d’un des militaires avant d’ouvrir le feu sur les randonneurs. Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu’un homme d’une trentaine d’années avait été déclaré mort près de la colonie. Deux personnes blessées par balles, âgées d’une vingtaine d’années, ont été évacuées par hélicoptère, l’une dans un état grave, selon la même source. L’armée israélienne a ensuite confirmé la mort d’une deuxième personne.
Elle affirme également avoir tué l’auteur de l’attaque et récupéré l’arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d’éventuels autres assaillants. Un journaliste de l’Agence France-Presse a pu constater que tous les barrages et check-points avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d’importants renforts militaires avaient été déployés dans la région.
Sa version est contredite par le ministère palestinien de la Santé qui a indiqué que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie israélienne, et que quatre autres personnes ont été blessées, dont trois grièvement. Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a affirmé à l’AFP qu’une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n’éclatent. Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.
Smotrich appelle l’armée à agir « d’une main de fer »
Après la mort du citoyen israélien, Benyamin Netanyahou et ses ministres ont menacé d’une sanglante répression. Comme à son habitude, le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich a appelé l’armée à agir « d’une main de fer » contre le « village des meurtriers et ses environs ». Quant au premier ministre israélien, il a affirmé que son gouvernement agirait « avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires », selon un communiqué de son bureau. Il a aussi indiqué qu’il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour « discuter des modalités de la riposte à l’attentat meurtrier ».
Benyamin Netanyahou s’est également saisi de ces événements pour franchir un nouveau cap dans la colonisation illégale de la Cisjordanie, annonçant ce vendredi l’« accélération de la légalisation des avant-postes (…) et l’établissement de nouveaux ». Des décisions qui violent une fois de plus le droit international dans ce territoire occupé illégalement par Israël depuis 1967 et victime d’un regain de violence depuis le 7 octobre 2023.
Selon les derniers chiffres du bureau OCHA des Nations Unies, 1 095 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis cette date. L’agence onusienne fait également état de plus de 4 000 attaques de colons sur la même période. Hors Jérusalem-Est, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d’environ trois millions de Palestiniens. Des colonies illégales au regard du droit international.
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