
En Cisjordanie occupée, la situation atteint un niveau d’une extrême gravité. Les attaques de colons, les opérations militaires, les restrictions de circulation, les démolitions et les expulsions s’inscrivent dans une même politique : rendre la vie impossible aux Palestiniennes et aux Palestiniens afin de les contraindre à quitter leurs terres.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme alerte sur l’accélération de l’annexion de fait de la Cisjordanie.
Les colons et les forces de sécurité israéliennes agissent la plupart du temps de concert : des familles sont agressées, des maisons et des terres agricoles détruites ou confisquées, des mosquées incendiées et des communautés entières déplacées ou menacées de déplacement : les colons perpètrent des pogroms, encouragés par le gouvernement israélien, en particulier, Smotrich, Ben-Gvir ou Sukkot, qui appellent ouvertement à la destruction de villages palestiniens.
Une violence organisée et impunie
Les événements de Tell, près de Naplouse, le 24 juillet dernier, ont marqué une nouvelle étape dans cette escalade. Quatre Palestiniens ont été tués lors d’affrontements avec des colons et des soldats israéliens. Des attaques ont ensuite visé plusieurs villages palestiniens voisins.. Human Rights Watch souligne que l’impunité dont bénéficient depuis des années les auteurs de ces violences a transformé la Cisjordanie en une « poudrière ».
Dix-sept organisations israéliennes de défense des droits humains, dans un appel du 24 juillet 2026, interpellent la communauté internationale et lui demandent instamment d’agir et d’empêcher les pogroms, pour protéger la population palestinienne. Elles réclament également l’arrêt de la colonisation, conformément à l’avis consultatif du 19 juillet 2024 de la Cour internationale de Justice, qui a conclu, rappelons-le, que la présence continue d’Israël dans le Territoire palestinien occupé était illicite et qu’Israël avait l’obligation d’y mettre fin dans les plus brefs délais.
Des communautés palestiniennes chassées de leurs terres
Dans la zone C (sous contrôle civil et militaire d’Israël), à Jérusalem-Est et autour des camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie, la combinaison des violences, des démolitions, des bouclages et des restrictions d’accès produit un déplacement forcé progressif.
Les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams ont déjà subi des destructions massives, le déplacement de dizaines de milliers de personnes et l’assassinat de nombreux.ses Palestiniennes et Palestiniens. La menace d’une prise de contrôle militaire d’un nouveau camp de réfugiés ferait peser un danger supplémentaire sur des milliers de civils.
Ce qui se déroule en Cisjordanie a clairement pour objectif, de modifier durablement la composition et le statut du territoire palestinien au profit de l’État d’Israël, comme à Gaza : l’objectif, c’est la déportation de toustes les Palestiniennes et les Palestiniens pour s’approprier leurs terres.
Une réponse internationale qui ne vient toujours pas
Pourtant, aucune mesure internationale n’a, à ce jour, été prise à la hauteur de la gravité de la situation, qui se détériore chaque jour.
Les condamnations verbales doivent céder la place à des sanctions ciblées, à un embargo sur les armes et à la protection effective de la population palestinienne.
Dès 1929, Albert EINSTEIN, le grand physicien, émigré aux États-Unis, en raison des persécutions nazies en Allemagne, implorait les Juifs de tout faire pour créer les conditions d’une coopération avec les Arabes et d’oublier ce nationalisme aveugle : « sans coopération avec les Arabes, pas de paix ni de sécurité »1.
Aujourd’hui, la destruction et l’annexion de la Cisjordanie concerne toute l’humanité, quelles que soient l’origine, l’identité ou les croyances. Il est absolument inacceptable de défendre ces crimes contre l’Humanité, en se référant à la Torah. Le suprématisme juif est un colonialisme de remplacement et un racisme, qu’il y a lieu de combattre.
Se taire, c’est soutenir l’épuration ethnique en Cisjordanie et le génocide toujours à l’œuvre à Gaza.
L’UJFP appelle la société civile française à prendre conscience de la gravité de ce qui se passe en Cisjordanie et à Jérusalem- Est, à se mobiliser contre la politique israélienne et à rejoindre le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.
Il est urgent de mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël en intensifiant les campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) et en continuant à faire pression, en tant que société civile sur notre gouvernement et l’Union européenne.
Non au nettoyage ethnique, non au génocide.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 10 août 2026
- Voir la lettre d’Einstein à Weizmann, le 25 novembre 1929, dans Albert Einstein, œuvres choisies, tome VI, écrits politiques, Seuil et CNRS éditeurs.[⇧]
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