
Le prix des timbres et des colis n’en finit plus de grimper. Les tarifs postaux s’apprêtent à connaître une hausse moyenne de 6,73 % dès le 1er janvier 2027. Les syndicats, eux, haussent le ton.
Par Chloé BODIN SZCZYGLAK
De nouvelles augmentations ont été annoncées sur les tarifs postaux, le 27 juillet dernier, et elles battent des records. La tarification entrera en vigueur dès le 1er janvier 2027. Ainsi, pour l’envoi d’une lettre verte, il faudra désormais compter 1,67 euro au lieu du tarif actuel de 1,52 euro. C’est près de 10 % de hausse pour le mode d’affranchissement le plus économique de la Poste, plébiscité par les Français pour les envois du quotidien.
Une lettre recommandée de 20 grammes coûtera quant à elle 6,47 euros, soit trente-six centimes supplémentaires. Les lettres « service plus » et les lettres internationales augmenteront toutes deux de 20 centimes pour atteindre respectivement 3,67 et 2,45 euros.
Une baisse des recettes du courrier à l’origine des hausses de prix
Selon la Poste, ces ajustements tarifaires permettraient « d’assurer la pérennité du service universel postal avec une qualité élevée dans un contexte de baisse continue du volume du courrier. » Depuis quinze ans, les revenus de la Poste ne cessent en effet de diminuer : sa PDG, Marie-Ange Debon, rappelait en juillet que la diminution des volumes de lettres fait perdre au groupe « 500 millions d’euros de chiffre d’affaires » chaque année.
L’évolution tarifaire du 1er janvier 2027 a toutefois bel et bien été validée par l’Arcep, l’autorité de régulation en charge des services postaux. Dans un communiqué, la Poste s’est prémunie de toute attaque en arguant que la hausse restait « inférieure à celle appliquée en 2026 », qui s’élevait alors à 7,4 %. Mais elle n’en demeure pas moins trois fois plus importante que le taux d’inflation annuel.
Dans un communiqué publié le 31 juillet dernier, le syndicat SUD PTT souligne le manque de réactivité flagrant du gouvernement. « Il faut tout même pointer que cette mission de service public devrait être compensée par l’État » rappelle la fédération. « Or, en 2024, seuls 50 % de ces coûts ont été « neutralisés ». Et si on prend l’entièreté des missions, 55 % sont à la charge du groupe en 2024 (soit plus d’un milliard d’euros). »
La Poste promet par ailleurs une diminution du budget des ménages en produits postaux, prédisant même une baisse chiffrée de 8,7 %. « Logique imparable », répond le syndicat, « puisque les gens renonceront progressivement à envoyer des lettres, ils finiront effectivement par ne plus rien dépenser du tout. »
Le pari de « la disparition du courrier »
Sur sa page Facebook, SUD PTT Dieppe s’est particulièrement indigné devant les hausses annoncées. « En deux ans seulement, la Lettre verte sera donc passée de 1,39 € à 1,67 €, soit plus de 20 % d’augmentation » écrit la fédération normande. « Elle coûtait encore 0,97 € en 2020 : en sept ans, l’envolée atteindra environ 72 % » Des chiffres vertigineux, qui alarment la profession. Les facteurs de Dieppe dénoncent une « fuite en avant tarifaire qui organise elle-même la disparition du courrier », et réclament ainsi « une tarification accessible à toutes et tous ».
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