
Lundi 3 août 2026, les Côtes-d’Armor ont été placées en alerte renforcée sécheresse par la préfecture. Une situation qui préoccupe les agglomérations du département mais aussi Nicolas Forray, hydrologue et secrétaire général d’Eau et rivières de Bretagne.
Par Garan LINTANT
Depuis lundi 3 août 2026, les Côtes-d’Armor sont en alerte renforcée sécheresse, selon un arrêté pris par la préfecture. Un épisode long et intense, comparable à celui de 2022, voire plus préoccupant encore pour les sols et les cours d’eau.
Une situation qui inquiète Nicolas Forray, hydrologue et secrétaire général d’Eau et rivières de Bretagne : On n’a pas encore atteint les niveaux du Finistère et du Morbihan dans le département. Cependant, au niveau du Trieux et du Gouët, on va atteindre, selon les projections, des niveaux historiquement bas depuis que l’on mesure le niveau des cours d’eau en 1980.
La faune en danger
Des mesures qui ne comprennent donc pas l’épisode caniculaire de 1976 mais bien celui de 2003. Les rivières sont en souffrance en amont, c’est le cas pour le Léguer à Belle-Isle et pour le Trieux.
La première cause de stress hydrique pour les poissons, c’est la température de l’eau. Or moins il y a d’eau, plus elle monte rapidement. À partir de 19 degrés, les truites se déplacent moins rapidement, à 25 degrés, elles sont en danger de mort
, alerte le secrétaire général, qui a également repéré une explosion des cyanobactéries dans les retenues d’eau, dont le niveau baisse parfois plus rapidement que celui des rivières.
Une adaptation nécessaire
On va être face à un problème de quantité d’eau plus que de qualité, observe Nicolas Forray. Les prévisions de pluie ne sont pas suffisantes et la question des restrictions va se poser. Il va falloir s’interroger sur le remplacement du maïs par le sorgho, qui nécessite moins d’eau pour sa culture.
C’est un phénomène qui est appelé à se répéter : une année sur trois voire deux à l’horizon 2050
, annonce l’hydrologue. Une conséquence du changement climatique que les communautés de communes tentent de prendre en compte.
Le débit du Léguer est faible (0,59 m3/seconde, mesuré à Pluzunet, lundi 3 août 2026 dans le Léguer, le seuil d’alerte critique fixé par la préfecture étant de 0,6). C’est pour cela que l’on incite nos habitants à bien suivre les logiques de petite consommation par des initiatives comme “Mollo sur l’eau”
, conclut Bénédicte Boiron, vice-présidente en charge du grand cycle de l’eau à Lannion Trégor communauté.
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