
Ils sont en première ligne face aux incendies l’été. Sapeurs-pompiers, pompiers volontaires et pilotes de bombardiers d’eau se relaient depuis des semaines pour tenter d’éteindre les brasiers. Mais combien gagnent-ils vraiment dans le cadre de leur mission ?
Par Nicolas ARZUR
1-Les mieux payés : les pilotes des bombardiers d’eau
Canadair, Dash… Ils ne sont qu’une petite centaine de pilotes en France aux manettes des bombardiers d’eau. Et pour cause : écopages au ras de l’eau et largages à basse altitude, l’extrême dangerosité de ces missions exige une qualification d’exception. Ce sont d’ailleurs généralement d’anciens pilotes de l’Armée de l’air reconvertis qui sont embauchés pour leur technicité particulière.
Leur rémunération va donc de pair avec les risques affrontés. Ces agents de la Sécurité civile – et non des militaires, contrairement aux idées reçues – perçoivent 5 000 € net par mois. Il s’agit d’une moyenne, la grille s’échelonnant de 3 500 € en début de carrière à plus de 5 500 € pour un commandant senior.
À lire sur le sujet « Il faut regarder la réalité » : la sécurité civile va devoir faire sa révolution après les incendies en France
Conséquent ? Non, à en croire la commission des Finances du Sénat. Elle souligne que ces pilotes gagnent « trois fois moins que leurs homologues de l’aviation commerciale ». Un montant d’autant plus décalé qu’outre la dangerosité du métier, les inconvénients du poste sont nombreux (vacances d’été sacrifiées, formation exigeante…). Un manque d’attractivité qui explique en partie les difficultés de recrutement que connaît la Sécurité civile.
À lire sur le sujet « L’équivalent de trois Canadair » : l’avion militaire Airbus A400M transformé en bombardier d’eau cet été
2-Chez les pompiers pros, des primes qui comptent pour beaucoup
La France compte 44 300 pompiers professionnels et 13 400 militaires. Une grande partie a été mobilisée au sol, au plus proche des brasiers, pour éteindre les flammes en Gironde, dans le Var ou encore à Fréhel.
Fonctionnaires territoriaux, leur rémunération de base suit une grille stricte : de 1 800 € brut par mois pour un caporal débutant à 2 450 € pour un adjudant en fin de carrière. Chez les officiers, qui relèvent de la catégorie A, la fourchette s’échelonne de 2 100 € (capitaine) à 5 000 € brut (colonel).
À lire sur le sujet Les pompiers face à une « nouvelle bataille » contre le vent dans le Var
À ce traitement de base, s’ajoutent des primes. Qui sont conséquentes : « l’indemnité de feu » représente par exemple 25 % du salaire indiciaire brut, soit environ 450 € pour un pompier débutant. Il y a aussi « l’indemnité de responsabilité », « l’indemnité de logement », des majorations de salaire pour le travail de nuit, les week-ends ou encore les heures supplémentaires… Nombreux sont les pompiers à souhaiter que ces primes intègrent le calcul des retraites.
Primes incluses, un sapeur-pompier débutant démarre entre 2 300 € et 2 500 € brut mensuels. Il peut dépasser les 3 500 € à mi-carrière et avec des responsabilités. Voire atteindre les 5 800 € en fin de carrière, au rang d’officier supérieur.
À lire sur le sujet « Les pompiers sont une grande famille qui ne connaît pas de frontière » : des pompiers ukrainiens interviennent sur le feu en Gironde
3-Les plus mal payés : les pompiers volontaires
Avec 200 961 engagés, les volontaires représentent 78 % des sapeurs-pompiers en France. Cumulant cet engagement avec leur profession principale, ils ne perçoivent aucun salaire mais des indemnités horaires non imposables.
En intervention, ce défraiement débute à 8,71 € net de l’heure pour un simple sapeur volontaire. Dit autrement, ils sont envoyés sur le front des incendies pour moins que le Smic horaire. Avec des responsabilités, l’indemnité d’un pompier volontaire peut monter à 9,35 € de l’heure pour un caporal, 10,55 € pour un sous-officier et 13,11 € pour un officier. Les gardes en caserne varient, elles, entre 35 % et 75 % du taux horaire de base.
De quoi constituer un petit complément de revenus, même si cela n’a jamais vraiment motivé ces volontaires du feu. Leur montant n’a « jamais eu vocation à constituer une quelconque rémunération », rappelait en 2025 le ministère de l’Intérieur.
URL de cet article : https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=105700&action=edit
Article suivant : Juillet 2026 : le mois le plus chaud jamais enregistré en France (reporterre.net-4/08/26)
Article précédent : ENTRETIEN. « Ces incendies inciteront les Français à pousser la porte des casernes » : les pompiers en quête de moyens (OF.fr-4/08/26)
