
Si dans ses communications aux usagers, la SNCF Voyageurs a pointé un « mouvement social inopiné » durant l’un des week-ends les plus fréquentés de l’année, les syndicats parlent d’une mobilisation après des semaines d’alertes.
Par la rédaction de l’Huma
Le fruit d’alertes de longue date. Ce week-end de chassé-croisé, les cheminots SNCF des lignes reliant Paris aux villes normandes (Le Havre, Caen, Rouen, Vernon, Évreux et Trouville) se sont mis en grève à l’appel de la CGT Cheminots et de Sud Rail. Celle-ci, débutée le vendredi 31 juillet, court jusqu’à ce dimanche 2 août.
Si dans ses communications aux usagers, la SNCF Voyageurs a pointé un « mouvement social inopiné » durant l’un des week-ends les plus fréquentés de l’année, il n’en est rien pour les syndicats initiateurs de la mobilisation. « Lorsque les organisations syndicales déposent de nombreuses alarmes sociales depuis des semaines et que la direction ne répond pas à la hauteur des enjeux sociaux, elle est responsable du moyen d’action des cheminots », a réagi Sud-Rail Normandie sur ses réseaux sociaux.
Pas d’ajustement des conditions de travail pendant la canicule
Parmi ces alertes émises par l’organisation syndicale, celle d’un « marasme organisationnel qui rend la traversée des événements (ferroviaires) bien plus pénible qu’elle ne devrait ».
« Désormais, un orage a la capacité de faire fermer une ligne pendant une semaine », détaille Sud Rail. Sur la ligne J du transilien, reliant la gare Saint-Lazare à l’Ouest de l’Île-de-France et aux portes de la Normandie, ce constat a notamment été dressé lorsque 40 % des rames dû être placées en maintenance après qu’une portion de rail abîmé a endommagé les essieux de nombreux trains.
Là n’est pas le seul grief. Le syndicat dénonce également que les seuls ajustements de circulation effectués pendant les périodes caniculaires aient été décidés pour la protection du matériel, sans égard pour celle des salariés. Sud Rail dénonce notamment le maintien des capacités productives « comme si de rien n’était » et le refus de modification du code vestimentaire pour les agents à bord.
Le résultat net de la SNCF en hausse
Face à la longue liste de dysfonctionnements que listent les grévistes, les réponses apportées par la direction de la SNCF sont jugées insuffisantes. Comme celle d’une prime de 80 euros, dans un premier temps inégalement distribuées entre les agents selon Sud Rail.
Ce mouvement social se déroule alors même que la SNCF a dévoilé lors de la dernière semaine de juillet des résultats semestriels très encourageants.
Le groupe a ainsi annoncé avoir augmenté la fréquentation des activités SNCF Voyageurs de 2,8 % pour les TGV, 4,1 % pour les transiliens et 2,3 % pour les TER au premier trimestre 2026. Son chiffre d’affaire a lui augmenté de deux points par rapport au premier semestre 2025, et son résultat net s’établit à 1,2 milliards d’euros.
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