
Dans un discours prononcé le 15 juillet le Premier ministre a présenté un projet de budget 2026 d’une grande violence sociale. Les mêmes politiciens qui sont responsables avec le patronat du désastre social et économique veulent, une nouvelle fois, saigner le peuple et l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Après un budget 2025 austéritaire, cette fois ce , sont plus de 43 milliards de « coupes » dans les dépenses sociales qui sont envisagées pour l’année 2026, dans le prolongement de la dernière décennie qui aura vu la fortune des riches exploser et les bénéfices aux actionnaires se démultiplier.
Mais, pas question pour le Pouvoir de « taxer » les riches, encore moins de renoncer à sa politique de pillage des caisses de l’Etat, de la Sécu et des collectivités territoriales. Les 211 milliards, au minium, d’argent public déversées chaque annéesdans les poches des actionnaires des grands groupes sont maintenues. Pas touche au magot !
Au contraire : le gouvernementveut imposer l’austérité à la Santé et aux Collectivités, supprimer deux jours de congés, imposer une année blanche, c’est-à-dire, le gel des dépenses publiques, des barèmes d’impôts, des prestations sociales et des retraites en 2026 au niveau de 2025, sans revalorisation.
En clair : les travailleurs vont triplement perdre du salaire et du « pouvoir d’achat », dans un contexte marqué par une i n fl a t i o n / s p é c u l a t i o n persistante.
De plus, le gouvernement prévoitune réduction de 3 000 emplois publics dès 2026 et un non remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite à partir de 2027. Il est également envisagé de doubler le coût de la franchise médicale annuelle (de 50 à 100 euros par assuré), une réforme des affections de longue durée (fin du remboursement à 100 % pour certains médicaments) et unenouvelle réforme de l’assurance chômage.
Dans le sillage de ces annonces, plusieurs ballons d’essais ont été soufflées, tant pour offrir un écran de fumée mais aussi dans le temps pour « briser des tabous ». Ainsi, le gouvernement et le patronat poussent leurs pions pour remettre en cause de la 5e semaine de congés payés.
En bref, le Pouvoir nous a promis des larmes, du sang et de la sueur, agrémenté d’une perte de revenus, du vol de deux jours fériés et d’une dégradation considérable de nos conditions de vie et de travail.
Quel est l’objectif du pouvoir ? D’une part, revenir sur les conquis sociaux qui leur ont toujours été insupportable. Et, d’autre part, maintenir, « quoi qu’il en coûte » et garantir le train de vie des parasites qui gouvernent notre pays.
Abattre l’ennemi
L’échec de mouvements sociaux de ces dernières années l’ont démontré : le pouvoir est déterminé à appliquer ses projets, jusqu’au bout. Ce qu’il craint réellement, c’est le rapport de force conquérant des travailleurs, par la grève qui percute et paralyse l’économie et les manifestations offensives qui mettent à nue la fragilité du Pouvoir.
Sans riposte à la hauteur de la brutalité de la thérapie de choc d’un gouvernement minoritaire et d’un bloc bourgeois illégitime, les travailleurs et les travailleuses vont cracher du sang. Car Macron, Bayrou, la minorité parlementaire gouvernementale et leur commanditaire, le patronat, ne connaissent qu’un seul langage : la force. « Prolétariat, connais ta force et déchaîne là », disait le poète communiste Aragon.
Organisons la riposte globale du monde du travail face à l’attaque inacceptable du patronat et de la caste politique au service exclusif d’une « oligarchie » à la française qui revient sur l’ensemble de nos conquis sociaux.
Fort heureusement, déjà, des initiatives et des journées d’action sont envisagées, appelées, signalées dans le paysage de la « rentrée » en septembre. contre le projet de budget en particulier et contre le régime politique en général.
Rejetons au loin toute résignation ou fatalisme. La colère, immense et sourde, gronde partout dans le pays dans une apparente tranquillité, malgré la violence des annonces et le climat politique lourd. Le rejet global du projet de budget 2016, mais aussi le e succès extraordinaire, et son rayonnement à travers le pays, de la pétition contre la loi Dumplonb ne peuvent qu’illustrer la défiance générale de larges pans de la population envers un régime politique – et ses lobbys parasites de l’argent public – discrédité et qui se moque du pays.
Prendre nos affaires en main
Le projet de budget 2026, et le gouvernement, sont menacés de censure parlementaire ; dans le même temps, le Parti Socialiste et le Rassemblement national négocient avec la Macronie pour garantir la stabilité gouvernementale. Il n’y a aucune raison pour les syndicats de s’arrimer volontairement à un agenda parlementaire hors sol et sur l lequel nous n’avons pas de prise réelle. Au contraire, il s’agit de déborder ce cadre étroit, d’imposer notre propre marche à suivre et l’ordre du jour politique du pays. Et donc, en premier lieu de s’organiser, de ne pas déléguer sa colère mais de l’exprimer et surtout de l’organiser, notamment sur son lieu de travail. Organisons partout les conditions d’un mouvement victorieux, et contre le projet de budget 2026 et contre ce gouvernement et ce Pouvoir qui méprise nos vies et à décider de passer à la vitesse supérieure. La stratégie de lobbysme syndical, par « démonstrations de force » dans la rue, adossées à des votes minoritaires au Parlement, mais sans impact concrets et persistant sur les flux économiques a démontré son inefficacité. Il est temps de changer le fusil d’épaule et revenir aux fondamentaux de la lutte des classes. Organisons un mouvement offensif, qui balaye ce projet budgétaire immonde, impose l’augmentation générale des salaires, pensions, allocations et la réponse aux besoins par la confiscation des fortunes « privées » et l’expropriation sans indemnités ni rachats des grands groupes capitalistes
Unité-CGT mensuel n°3-Juillet/août 2025
Source: https://unitecgt.fr/wp-content/uploads/2025/07/UniteCGT-Mensuel-n3-juillet-aout.pdf
URL de cet article:https://lherminerouge.fr/budget-2026-il-faut-prendre-nos-affaires-en-main/